Produits structurés : tout comprendre à ces leviers de diversification

Classe d’actifs à part entière, les produits structurés sont conçus en toute transparence et dans un cadre règlementé.

L'essentiel en 4 points

  • Ces produits sont dits « complexes », et il nécessaire que l’investisseur saisisse leur mécanisme et les risques auxquels il s’expose.
  • Il existe différents types de produits structurés dont le montage dépendra des conditions de marché. 
  • Les produits structurés s'adressent aux personnes physiques comme aux personnes morales.
  • Ils sont éligibles en tant qu’unités de compte au sein de contrats d’assurance-vie et contrats de capitalisation, ainsi que dans les comptes-titres.

Qu’est-ce qu’un produit structuré ?

Les produits structurés sont des solutions de placement dynamiques, au même titre que les actions ou les obligations, qui permettent de bénéficier d’un potentiel de rendement lié à la performance d’un actif sous-jacent (actions, indice boursier, OPCVM…), tout en assurant une protection partielle ou totale du capital à l’échéance. Ils ont pour objectif un rendement à risque pondéré.

Classe d’actifs à part entière, les produits structurés sont conçus en toute transparence et dans un cadre règlementé. Ils se caractérisent par 3 éléments : 

  • Une durée déterminée

Les produits structurés ont une durée de vie déterminée et limitée dans le temps. Une fois le produit arrivé à échéance, il s’arrête et l’investisseur sort du produit. En règle générale, les produits oscillent sur une durée de vie maximum de 10 à 12 ans.

  • Une protection du capital à l’échéance

Ce mécanisme permet d’assurer une protection partielle du capital à l’échéance du produit à condition que le sous-jacent n’ait pas baissé au-delà d’un certain seuil prédéterminé au lancement du produit. Il s’agit d’une protection relative, assurée à l’échéance du produit jusqu’à un certain seuil de baisse prédéterminé dans le mécanisme du produit. En deçà de ce seuil, l’investisseur subit une perte en capital proportionnelle à la baisse du sous-jacent. L’investisseur doit donc être en capacité financière de pouvoir perdre une partie ou la totalité de la somme investie.

Dans le cadre d’un produit structuré à capital garanti, la protection est totale à l’échéance : quelles que soient l’évolution du sous-jacent, l’investisseur se verra restituer à minima le capital initial net de frais. Toutefois, le risque de perte en capital partiel ou total persiste en cas de rachat avant la date d’échéance ou en cas de faillite ou de défaut de paiement de l’émetteur.

  • Un objectif de performance contractuel

Les produits structurés offrent une promesse de performance liée à l’évolution du sous-jacent, et ce, selon différents scénarios d’évolution définis en amont du lancement du produit. Cela permet à l’investisseur d’avoir d’une certaine  « visibilité »  sur le profil de performance, et notamment de juger du risque théorique maximum et du potentiel de rendement au moment de la souscription. 

Les produits structurés ont pour objectif d’offrir un rendement à risque pondéré. Il est néanmoins important de souligner que ces produits sont dits « complexes », et il nécessaire que l’investisseur saisisse leur mécanisme et les risques auxquels il s’expose.

Tout comprendre aux produits de type  « autocall » 

Il existe différents types de produits structurés dont le montage dépendra des conditions de marché. Parmi les principaux, nous pouvons citer les produits de rendement, les produits d’indexation et enfin les produits « autocall ». Ils sont appréciés des investisseurs car ils permettent potentiellement de bénéficier d’une durée de vie plus courte.

Le produit  « autocall » , de l’anglais « automatically callable » est un produit qui offre la possibilité d’être rappelé par anticipation, à échéances fixes et sous certaines conditions définies à l’émission du produit. Le rappel peut se faire de manière quotidienne, mensuelle, trimestrielle ou encore annuelle, cela variera selon les produits.

Le remboursement automatique du produit a ainsi lieu avant la date de maturité du produit si la condition de rappel est remplie. Dans le cas contraire, le produit continue jusqu’à la prochaine date de constatation.

Prenons l’exemple d’un produit structuré, rappelable mensuellement à l’issue de l’année 1 en cas de performance positive du sous-jacent et assorti d’un gain de 6 % par an en cas de rappel.

À la première date de constatation (mois 13), le niveau du sous-jacent sera comparé à son niveau initial. Si la performance constatée est négative, alors le produit continue jusqu’à la prochaine constatation. Au mois 14, puis 15, idem, la performance du sous-jacent est négative, le produit continue donc. Au mois 16, si la performance du sous-jacent est positive, cela engendre un rappel automatique anticipé du produit. Dans ce cas précis, le produit s’arrête et l’investisseur récupère son capital assorti d’un gain de 6 % prorata temporis tel que prévu dans le mécanisme du produit.

À noter que si le produit peut se terminer avant l’échéance initiale, l’investisseur ne connaît pas à l’avance la durée réelle maximale de son investissement. Par ailleurs, aucune garantie n’est donnée quant au rappel anticipé du produit. Celui-ci peut, dans certains cas, durer jusqu’à son échéance et engendrer une perte en capital. Il est donc important que l’investisseur dispose d’un horizon de temps long et qu’il n’investisse pas la totalité de ses avoirs financiers dans des produits structurés.

À qui s’adressent les produits structurés ?

Longtemps réservés aux investisseurs confirmés, les produits structurés se sont démocratisés. Ils s’inscrivent dans une optique de diversification d’allocation d’actifs et s’adressent tant aux personnes physiques qu’aux personnes morales, notamment pour des solutions de gestion de trésorerie. Ils peuvent offrir différents niveaux de protection du capital à maturité et peuvent ainsi s’adapter à tous les profils de risque, du plus défensif au plus offensif.

Néanmoins, ces solutions doivent être envisagées dans une optique de long terme car la sortie avant l’échéance du produit fait perdre à l’investisseur l’ensemble des garanties et mécanismes prévus initialement. De plus, il est nécessaire de comprendre l’ensemble des caractéristiques et mécanismes de chaque produit structuré ainsi que des risques associés avant de prendre une décision d’investissement. 

Les produits structurés sont éligibles en tant qu’unités de compte au sein de contrats d’assurance-vie et contrats de capitalisation, ainsi que dans les comptes-titres.

La fiscalité qui s’applique est celle de l’enveloppe utilisée. Si on prend l’exemple de l’assurance-vie, et quand bien même le produit structuré serait arrivé à échéance, les gains générés ne seront pas imposés tant qu’il n’y a pas de rachat du contrat d’assurance-vie. Dans le cas d’un compte-titres, l’investisseur sera soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (prélèvements sociaux inclus).

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