Comment devenir conseiller en gestion de patrimoine : le guide 2026 pour réussir votre projet
Ce métier nécessite des expertises financières, juridiques, fiscales mais aussi des compétences relationnelles.
L'essentiel en 4 points
- La liberté d'action du CGP agissant en tant que chef d'entreprise est plus grande.
- Tous les prétendants à l'activité de CIF doivent justifier de l'examen certifié AMF.
- La réglementation impose une formation continue annuelle liée à chacun des statuts réglementés.
- Des assurances professionnelles sont aussi nécessaires.
CGP ou CGPI, quelles différences ?
Le métier de CGP peut s’exercer en tant que salarié, notamment au sein d’une banque, d’une compagnie d’assurance ou encore d’une société de conseil en gestion de patrimoine. Dans ce cas, le conseiller met en application les objectifs commerciaux décidés par son entreprise et propose à ses clients les contrats et les solutions d’investissement « maison » dans le plus grand respect des règles de prévention des conflits d’intérêt. Il peut aussi disposer de services « supports » comme le middle office, l’ingénierie patrimoniale, qui vont l’épauler dans la structuration de certains dossiers clients.
La liberté d’action du CGP agissant en tant que chef d’entreprise est plus grande : il construit la gamme de solutions d’investissement en sélectionnant, selon ses propres critères, un ou plusieurs partenaires. En travaillant en architecture ouverte, il s’assure de pouvoir construire une stratégie patrimoniale objective et adaptée à toute la typologie de clientèle. Il peut aussi renforcer les expertises de son cabinet en choisissant des partenaires qui l’accompagneront dans les parcours réglementaire, l’ingénierie patrimoniale, ou encore la structuration d’allocation. À lui de capitaliser sur la flexibilité que lui donne son statut pour choisir les meilleures offres du marché pour développer son activité et se concentrer sur la relation client.
Contrairement à un CGP salarié, le CGP chef d’entreprise a le choix de son portefeuille de clients, il peut se spécialiser sur certains profils (par exemple les TNS, les personnes morales…). Dans tous les cas, il a le temps de tisser des liens durables avec eux, et de voir les retombées de ses recommandations patrimoniales.
Enfin, le mode de rémunération constitue une autre distinction majeure. Le conseiller salarié perçoit un fixe, complété par une part de variable dont le montant dépend de la réalisation d’objectifs fixés par son employeur.
Le conseiller chef d’entreprise construit lui-même sa rémunération qui, selon son modèle d’affaires, sera constituée par des rétrocessions de droits d’entrée et de frais de gestions sur les produits conseillés, ainsi que la facturation d’honoraires de conseil à ses clients. Autrement dit, le CGP perçoit 100% de son investissement dans son travail en faisant preuve d’une totale transparence financière vis-à-vis de son client.
Les qualités requises pour réussir en tant que CGP
La réussite d'un conseiller en gestion de patrimoine repose en partie sur des aptitudes relationnelles.
- Sa capacité d'écoute active permet de cerner avec précision les besoins et les objectifs de chaque client. Le conseiller doit savoir poser les bonnes questions pour comprendre la situation et les attentes de chacun.
- Le sens de la pédagogie joue un rôle déterminant. Un bon conseiller sait vulgariser des concepts complexes comme la défiscalisation ou les stratégies d'investissement, les rendant accessibles à tous ses clients.
- La déontologie de la profession exige de servir au mieux les intérêts de leurs clients, ce qui nécessite d’agir avec honnêteté, loyauté et de respecter le secret professionnel.
- La curiosité intellectuelle et la rigueur sont aussi nécessaires pour se tenir informé de l’évolution permanente des marchés financiers et du contexte macro-économique, mais aussi pour avoir l’expertise nécessaire en matière de fiscalité et de réglementation et de législation.
Enfin, pour ceux qui ont fait le choix de l'indépendance, n’oublions pas que le CGPI est un chef d’entreprise qui a la responsabilité d’assurer le bon développement de son activité. Il doit ainsi avoir l’engagement pour nouer des partenariats pour développer son offre, se tenir à jour des dispositions réglementaires, s’entourer d’autres professionnels quand l’intérêt de ses clients le nécessite. Selon la taille de son cabinet, le CGP peut aussi être aussi manager, gérer les ressources humaines et doit doter son cabinet d’un certain nombre de process et procédures lui permettant d’exercer son activité en toute quiétude, et dans le respect de la réglementation.
Les formations pour devenir gestionnaire de patrimoine
Les diplômes recommandés pour exercer :
La voie royale vers la profession passe par un Master 2 en gestion de patrimoine (bac+5), accessible après une licence en droit, économie ou sciences de gestion. Les grandes écoles de commerce proposent également des cursus spécialisés reconnus par la profession.
Une alternative réside dans les formations universitaires en finance et marchés qui permettent d'acquérir une expertise pointue dans l'analyse des produits financiers. Les écoles spécialisées délivrent des certifications professionnelles de niveau Bac+5, particulièrement adaptées aux personnes en reconversion. Ces programmes combinent enseignements théoriques et mises en situation pratiques avec des professionnels du secteur.
Par ailleurs, il est important de rappeler que, depuis le 1er janvier 2020, tous les prétendants à l’activité de CIF (Conseiller en Investissements Financiers) doivent justifier de l’examen certifié AMF.
Les statuts et habilitations nécessaires :
- Le socle fondamental repose sur l'accréditation CIF (Conseiller en Investissements Financiers) délivrée par l’une des associations professionnelles agréées par l'Autorité des marchés financiers (AMF), garantissant avec l’ORIAS la capacité à conseiller sur les produits financiers.
Dans le cadre du statut de CIF, le conseil en investissement peut être exercé de manière indépendante ou non indépendante. Un conseil en investissement est qualifié d’indépendant lorsque le conseiller s’appuie sur une quantité suffisante et suffisamment diversifiée d’instruments financiers ; et qu’il s’interdit de percevoir et conserver des rétrocessions et autres avantages non monétaires pouvant l’inciter à aller à l’encontre des intérêts du client.
- Le statut de CIF peut aussi se cumuler avec le statut d’intermédiaire en assurance (IAS), qui permet au conseiller d’exercer une activité de distribution en assurance, et celui d’IOBSP qui autorise quant à lui les opérations bancaires et services de paiement sous réserve d’être inscrit à l’une des associations professionnelles agréées par l’ACPR et à l’ORIAS.
- L’inscription COA (Courtier en Opérations d'Assurance) est la catégorie du statut IAS la plus utilisée par les CGP et permet de proposer des solutions d'assurance-vie, de retraite, de prévoyance, et d’assurance dommages à ses clients
- La carte professionnelle d'agent immobilier (carte T) délivrée par la CCI du lieu de domiciliation complète ce dispositif pour réaliser des transactions immobilières.
Les obligations légales à respecter
La réglementation impose aux conseillers en gestion de patrimoine une formation continue annuelle liée à chacun des statuts réglementés vus précédemment. Cette mise à niveau régulière garantit une parfaite maîtrise des évolutions juridiques et fiscales (voir chapitre suivant pour plus de détails) et un maintien des connaissances adaptées à l’exercice de ses activités.
Des assurances professionnelles sont aussi nécessaires. La responsabilité civile professionnelle constitue le socle fondamental des garanties à souscrire. Cette assurance couvre les éventuels préjudices causés aux clients dans le cadre des activités de conseil et de gestion patrimoniale.
Une garantie financière s'avère également indispensable pour les transactions immobilières et les encaissements de fonds.
La protection juridique professionnelle permet de faire face aux litiges potentiels avec vos clients ou partenaires.
La formation continue obligatoire
Le maintien des compétences, sur le plan fiscal comme réglementaire, nécessite de suivre un programme annuel de formation obligatoire propre à chaque statut. Pour obtenir le renouvellement de sa carte professionnelle et son inscription sur le registre de l’Orias, il faut justifier avoir suivi ces formations :
- Les conseillers en Investissement Financiers doivent se soumettre à 7 heures de formation spécifique.·
- Les IOSBP doivent suivre 7 heures de formation sur le crédit immobilier ou un nombre d’heure suffisant pour les autres opérations bancaires et services de paiement.
- Les titulaires de la carte T doivent suivre 14 heures par an ou 42 heures de cours au cours des 3 dernières années (dont 2 heures sur la déontologie et 2 heures en non-discrimination d’accès au logement).
- Les intermédiaires d’assurance sont quant à eux soumis à 15 heures de formation par an.
Les associations professionnelles, mais aussi les plateformes de services d’accompagnement professionnels, sont d’un soutien précieux pour se conformer à cette obligation en proposant des parcours de formations, en présentiel ou bien dans des classes virtuelles. Cette souplesse permet à chaque professionnel du patrimoine d'organiser son planning de formation selon ses disponibilités.

