29 juin 2026

Le CAC40 résiste mieux que les places américaines

L'hebdo boursier : semaine du 19/06/2026 au 26/06/2026

À l’approche de la trêve estivale, une nervosité palpable a continué d'agiter les places financières mondiales, le S&P 500 cédant 1,9 % et le Nasdaq plongeant de 4,6 %, tandis que le CAC 40 a su beaucoup mieux résister en limitant son repli à 0,4 % en clôture hebdomadaire. En début de période, le marché est resté sous le coup du durcissement rhétorique de Kevin Warsh, le nouveau patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), dont le premier comité de politique monétaire avait douché les espoirs d'un assouplissement rapide en évoquant de potentielles hausses de taux d'ici la fin de l'année. 

Evolution des marchés sur la semaine du 19/06/2026 au 26/06/2026 :

Evolution des marchés YTD (données arrêtées au 26/06/2026, en devises locales) 

Cependant, le véritable catalyseur de la semaine a été la publication de l’indice d'inflation PCE. Ressorti conforme aux attentes, cet indicateur crucial a rassuré les opérateurs sur la trajectoire de stabilisation des prix et a entraîné une nette détente des taux d'intérêt de marché. Les rendements obligataires ont ainsi reflué de leurs sommets, le T-Bond américain à 10 ans se stabilisant à 4,37 % et le Bund allemand à 2,85 %. Malgré cette accalmie sur les taux, le dollar est resté ferme, alimenté par les déclarations plus accommodantes de la Banque centrale européenne qui incitent à réduire les anticipations de hausse des taux en zone euro, ce qui maintient la parité Euro/Dollar proche des 1,14. En parallèle, le spread OAT-Bund s'est figé à 78 points de base, rappelant que la prime de risque budgétaire française reste un point de vigilance actif.

Une 4e semaine de repli pour l’or 

Sur le front géopolitique, l'apaisement diplomatique entre Washington et Téhéran s'est concrétisé par une reprise progressive du trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz et la relance des chargements sur le grand terminal saoudien de Ras Tanura, après quatre mois d’interruption. La prime de risque géopolitique s'est ainsi évaporée, provoquant une baisse de plus de 10 % des cours de l'énergie, le baril de Brent retombant sous les 73 dollars. Cette baisse du brut réduit l'attrait des matières premières agricoles utilisées dans les biocarburants, pesant sur le soja et le maïs à Chicago. Du côté des métaux précieux, la persistance d'un dollar fort a continué de peser à court terme, l'once d'or enregistrant une quatrième semaine de repli à 4 089 dollars après un point bas sous les 4 000 dollars, alors que l'argent subit une correction encore plus sévère en affichant une baisse de 25 % en un mois pour s'établir à 58 dollars.

L’IA rattrapée par le coût de ses investissements

Du côté de la microéconomie, le secteur technologique traverse une phase de polarisation et de doutes profonds, où la mécanique du cycle du matériel commence à susciter une grande méfiance. Le paradoxe de la semaine est venu du géant des puces mémoire Micron, qui a publié des résultats trimestriels exceptionnels et des perspectives  « verticales » , affichant une marge brute spectaculaire de 85 %. Qualcomm a également relevé ses objectifs à long terme hors téléphonie mobile. Pourtant, ces annonces n'ont pas suffi à maintenir le Nasdaq, qui a lourdement corrigé. Les investisseurs craignent désormais que nous soyons au pic du cycle de surinvestissement et s'inquiètent des risques de surcapacité future qui pourraient notamment émerger de Chine.

Plus profondément, les marchés s'interrogent sur la soutenabilité des dépenses colossales liées à l'intelligence artificielle. Les investissements massifs consentis par les grands acteurs du cloud commencent à peser sur leurs flux de trésorerie disponibles, au détriment des programmes historiques de rachats d'actions qui soutenaient les cours. Pour la première fois, ce coût technologique se répercute sur l'économie réelle : Apple et Microsoft ont annoncé des hausses de prix sur leurs produits grand public, comme les Mac, les iPads et les consoles Xbox, afin de compenser l'envolée du coût des puces. Les investisseurs craignent que ces hausses ne pèsent sur la consommation et ne réveillent des tensions inflationnistes secondaires. Ce mouvement de défiance a provoqué de lourdes prises de bénéfices sur les indices les plus exposés, à l'image du KOSPI sud-coréen qui abandonne 7,1 % sur la semaine.

La semaine prochaine marquera la transition vers le second semestre et sera caractérisée par une liquidité potentiellement réduite en raison du jour férié de l'Independence Day (le 4 juillet) aux États-Unis. Sur le plan technique, les marchés devront absorber les ajustements et rééquilibrages de portefeuilles institutionnels liés à cette fin de semestre. D'un point de vue fondamental, l'attention se tournera rapidement vers les indicateurs avancés d'activité (PMI) et le traditionnel rapport mensuel sur l'emploi américain, véritable juge de paix pour la Réserve fédérale, qui viendra confirmer ou infirmer la résilience du marché du travail. Enfin, les opérateurs commenceront à se positionner en vue du coup d'envoi de la saison des résultats du deuxième trimestre, qui fera office de test de vérité décisif pour valider (ou sanctionner) les niveaux de valorisation actuels, particulièrement dans le secteur technologique. 

Achevé de rédiger le 28/06/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures 

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