Le désenchantement frappe les valeurs de l’IA
L’hebdo boursier : semaine du 30/01/2026 au 06/02/2026
Le CAC40 termine in extremis dans le vert, mettant ainsi un terme à une séquence compliquée de trois semaines consécutives de baisse. Ce rebond global de l'indice parisien masque toutefois une fracture sectorielle profonde provoquée par la communication de la société Anthropic, laquelle a déclenché un mouvement de vente massif sur les valeurs liées aux données, aux logiciels et aux services professionnels.
Évolution des marchés sur la semaine du 30/01/2026 au 06/02/2026 :
Le scepticisme des investisseurs s'installe désormais face aux investissements colossaux dans l'intelligence artificielle (600 milliards de dollars de dépenses globales prévues cette année par les hyperscalers comme Amazon, Microsoft, Google et Meta). Illustration flagrante de ce désenchantement, après Microsoft la semaine passée, l'action Amazon a décroché de 9 %, consécutivement à l'annonce d'une augmentation de plus de 50 % de ses investissements, marquant le passage d'un enthousiasme débridé à une phase de discernement beaucoup plus rigoureuse où les opérateurs punissent les sociétés dont le retour sur investissement lié à l'IA reste incertain.
Les investisseurs délaissent les « 7 Magnifiques »
Sur le plan macroéconomique, la Banque centrale européenne a, comme pressenti, maintenu le statu quo sur ses taux directeurs jeudi, sans laisser entrevoir de mouvement imminent pour les mois à venir. Parallèlement, bien que de nouveaux signes de tensions sur le marché du travail américain fassent espérer à une minorité d'investisseurs un assouplissement de la Réserve fédérale lors de sa réunion du 18 mars, cette probabilité reste jugée marginale à moins de 20 % selon le baromètre Fedwatch. Cette prudence monétaire et les doutes sur la « tech » favorisent une rotation sectorielle historique : les investisseurs réalisent des arbitrages significatifs en délaissant les "7 Magnifiques" et les valeurs de croissance au profit des capitalisations moyennes et des titres "value". Ce mouvement n'est pas dicté par une crainte de récession, mais par des niveaux de valorisation attractifs et des anticipations de bénéfices sensiblement rehaussées sur les segments Mid et Small caps, permettant au S&P 500 d'être désormais porté par la quasi-totalité de ses composantes plutôt que par une poignée de géants.
Les métaux sous le coup de fortes oscillations
Le marché des matières premières reste ballotté par une volatilité extrême, le baril de Brent terminant la semaine en repli de 3 % à 68,5 dollars sur fond de négociations diplomatiques incertaines à Oman entre les États-Unis et l'Iran. L'annonce de ces pourparlers a initialement provoqué une baisse des cours, bien que le scepticisme demeure quant à la capacité des deux nations à résoudre leurs divergences profondes sur les programmes de missiles et l'influence régionale.
Les métaux précieux ont quant à eux connu des séquences de "krachs éclairs" suivies de rebonds spectaculaires, l'once d'or fluctuant violemment entre 4 400 et 4 900 dollars pour finir la semaine proche de l'équilibre. Dans le secteur minier, l'actualité a été marquée par l'arrêt définitif des discussions de fusion entre Rio Tinto et Glencore, ce dernier ayant estimé que les conditions proposées sous-évaluaient ses actifs stratégiques dans le cuivre, freinant ainsi la création du plus grand groupe minier mondial.
Achevé de rédiger le 09/02/2026
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

