3 février 2026

Le dollar se cherche un nouvel équilibre

L’hebdo boursier : semaine du 23/01/2026 au 30/01/2026

La semaine qui s'achève a été marquée par une volatilité d'une intensité exceptionnelle, déstabilisant l'ensemble des classes d'actifs mondiales dans un climat de nervosité exacerbé par des signaux politiques et monétaires contradictoires. Le dollar américain a subi des attaques répétées, permettant à l'euro de franchir le seuil symbolique des 1,20 dollar pour atteindre un sommet de cinq ans, une situation que Donald Trump a paradoxalement qualifiée d’ « excellente » . Cette rhétorique présidentielle, interprétée par les marchés comme une volonté délibérée de maintenir une devise faible pour favoriser les exportations et soutenir sa politique protectionniste, a jeté de l'huile sur le feu de la spéculation internationale. 

Évolution des marchés sur la semaine du 23/01/2026 au 30/01/2026

Cette faiblesse orchestrée du billet vert a propulsé les matières premières vers des sommets vertigineux : l'once d'or a ainsi atteint un record historique à 5 595 dollars tandis que l'argent s'envolait à 121,65 dollars, avant que la tendance ne s'inverse brutalement. En parallèle, les tensions géopolitiques croissantes avec l'Iran et les menaces d'intervention militaire dans le détroit d'Ormuz ont maintenu une pression extrême sur l'énergie, portant le baril de Brent à 70 dollars, soit une progression hebdomadaire de 6,5 % dans un contexte de totale incertitude.

Un changement dans la continuité pour la Fed

Ce basculement spectaculaire de tendance et la reprise en main du dollar ont été directement déclenchés par l'action conjointe de Scott Bessent au Trésor et l'officialisation de la nomination de Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed) en juin prochain. Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed très respecté par la communauté financière, est perçu comme un rempart de stabilité capable de naviguer entre les exigences de la Maison Blanche et la nécessité d'une orthodoxie monétaire rigoureuse. Bien que Donald Trump l'ait présenté sur son réseau Truth Social comme le futur  « meilleur président de l'histoire de la Fed » , les investisseurs voient en lui un profil nettement moins enclin à une baisse agressive des taux d'intérêt que ses concurrents. Cette perspective a agi comme un puissant électrochoc, provoquant une remontée immédiate du billet vert et une tension des taux longs, le rendement du 10 ans américain se maintenant fermement au-dessus des 4,20 %. Ce duo Warsh-Bessent offre désormais aux marchés un cadre plus lisible, tempérant les craintes d'une dérive inflationniste qui aurait pu résulter d'une politique de taux trop complaisante, tout en marquant la fin de la période de glissement incontrôlé de la devise américaine observée en début de semaine.

Les actifs tangibles ont la faveur des investisseurs

Sur le front des entreprises, la saison des résultats a provoqué des ondes de choc majeures, révélant une dichotomie croissante entre les acteurs du cloud et les bénéficiaires des infrastructures industrielles. Le secteur technologique a été lourdement sanctionné, à l'image de Microsoft qui a chuté de 7,6 % après l'annonce d'un très léger ralentissement de sa branche Azure, tandis que le géant allemand SAP s'est effondré de 13,8 % à la suite de prévisions jugées décevantes pour 2026, entraînant Capgemini dans son sillage.

Le CAC40 a fait preuve de résilience en limitant son recul hebdomadaire à 0,20 %, malgré la chute de 7,5 % de LVMH dont les marges ont été érodées par les effets de change et une maîtrise des coûts qui ne suffit plus à masquer l'incertitude sur la demande de luxe. À l'opposé, les valeurs liées à l'électrification et aux centres de données ont brillé par leur vigueur, portées par les performances exceptionnelles du suisse ABB, qui s'envole de 11,5 %, et de Schneider Electric, en hausse de 4,5 %. Ces mouvements confirment que les investisseurs privilégient désormais les actifs tangibles et les infrastructures critiques face à la volatilité des segments les plus exposés à la spéculation sur l'intelligence artificielle.

Le compartiment des cryptoactifs a traversé une zone de turbulences sévères, le Bitcoin ayant enregistré une perte de plus de 10 000 dollars en l'espace de sept jours pour retomber sous le seuil des 84 000 dollars. 

Achevé de rédiger le 02/02/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

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