Le marché obligataire dicte le tempo
L’hebdo boursier : semaine du 15/05/2026 au 22/05/2026
Malgré une accumulation notable d'incertitudes macroéconomiques et géopolitiques, les marchés d'actions mondiaux font preuve d'une résilience remarquable. La semaine a été marquée par une forte volatilité initiale alimentée par des tensions obligataires historiques, avant qu'un mouvement de détente ne s'amorce en fin de période, porté par le repli des cours pétroliers et des espoirs de désescalade au Moyen-Orient.
Évolution des marchés sur la semaine du 15/05/2026 au 22/05/2026 :
Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 22/05/2026, en devises locales) :
Concernant les performances boursières, le bilan hebdomadaire ressort globalement positif. En Europe, le CAC 40 s'adjuge 2,0 % et le DAX allemand bondit de 3,9 %. Aux États-Unis, la progression est plus modeste mais régulière, soutenue par les grandes capitalisations technologiques : le S&P 500 gagne 0,9 % et le Nasdaq Composite prend 0,4 %. En Asie, le Nikkei 225 progresse de 3,1 % et le Kospi sud-coréen s'illustre avec une hausse de 4,7 %.
Le 30 ans américain au plus haut
En parallèle, le marché obligataire mondial traverse un ajustement historique qui dicte le tempo des autres classes d'actifs. Les investisseurs intègrent désormais un scénario de taux plus hauts pour plus longtemps, voire un durcissement monétaire inattendu il y a encore quelques mois. Les minutes de la Réserve fédérale américaine (Fed) de fin avril ont révélé qu'une majorité de membres juge approprié un resserrement monétaire si l'inflation persiste. Par conséquent, le rendement à 30 ans américain a culminé à 5,20 %, son plus haut niveau depuis la mi-2007, tandis que le taux à 10 ans s'établit au-dessus de 4,68 %. C'est dans ce contexte tendu que Kevin Warsh a prêté serment ce vendredi en tant que nouveau président de la Fed, succédant à Jerome Powell, rendant ses prochaines déclarations cruciales. En Europe, l'impact de ce contexte se matérialise dans l'économie réelle, l'indice PMI français indiquant une contraction de l'activité en mai au rythme le plus rapide depuis 2020.
Le pétrole et l’or en recul
Sur le front des matières premières, une forte volatilité prédomine, tiraillée entre les risques de rupture et l'apaisement diplomatique. Le cours du baril de Brent recule d'environ 4 % sur la semaine, dans l'espoir d'une avancée des pourparlers entre Washington et Téhéran via une médiation pakistanaise. Cependant, deux points de blocage majeurs subsistent : l'exigence iranienne d'un système de péage sur le détroit d'Ormuz et le refus de Téhéran de transférer son stock d'uranium enrichi. L'Agence internationale de l'énergie alerte d'ailleurs sur un risque de déficit cet été face au pic de demande estivale et aux frappes ukrainiennes régulières sur les raffineries russes. Du côté des métaux précieux, l'or recule pour la deuxième semaine consécutive à environ 4 520 dollars, pénalisé par la perspective de taux élevés et un dollar fort, une dynamique de correction également suivie par l'argent. Le cuivre affiche en revanche une parfaite stabilité à 13 515 dollars, les opérateurs limitant leurs prises de positions.
Sur le plan microéconomique, la publication des résultats trimestriels de Nvidia constituait le point d'orgue de la semaine. Pour son premier trimestre décalé, l'entreprise a dévoilé des chiffres stratosphériques avec un chiffre d'affaires de 81,6 milliards de dollars, en hausse de 85 %, et un bénéfice net bondissant de 211 % à 58,3 milliards de dollars. Toutefois, l'action a paradoxalement cédé un peu plus de 4 % sur la semaine. Le marché s'interroge notamment sur la transition vers la phase d'inférence de l'intelligence artificielle, où les processeurs de concurrents comme Google, Amazon, AMD et Intel se positionnent agressivement. Pour y faire face, le PDG de Nvidia Jensen Huang, qui anticipe l'avènement de milliards d'agents IA autonomes, prépare le lancement de nouvelles puces au second semestre. Selon les analystes, ce repli à court terme offre cependant un point d'entrée attractif : au regard de sa dynamique de croissance bénéficiaire hors norme, Nvidia affiche des multiples de valorisation projetés extrêmement compressés, ce qui en fait paradoxalement l'une des actions les moins chères et les plus attractives de tout l'écosystème de l'intelligence artificielle.
Pour la semaine à venir, l'agenda sera d'abord allégé par un lundi férié aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, entraînant de faibles volumes sur les places financières. L'attention se portera ensuite sur la journée de jeudi avec la deuxième estimation de la croissance du PIB américain pour le premier trimestre et l'inflation de base PCE d'avril, un indicateur particulièrement suivi par la Fed. Des résultats d'entreprises liées à l'intelligence artificielle, comme Marvell Technology, Salesforce et Dell Technologies, sont également attendus ce même jour. Enfin, la journée de vendredi sera marquée par les premières estimations de l'inflation du mois de mai en Allemagne et en France.
Achevé de rédiger le 24/05/2026
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

