18 mai 2026

Le risque inflationniste ravive les tensions sur les taux

L’hebdo boursier : semaine du 08/05/2026 au 15/05/2026

Cette fin de semaine pourrait marquer un point d'inflexion sur les marchés financiers. Alors que le fort intérêt des investisseurs pour les valeurs liées à l'intelligence artificielle avait soutenu Wall Street en début de semaine, le climat s'est montré plus prudent à l'approche du week-end. Le mouvement haussier américain a été modéré par la persistance du risque inflationniste, soulignant l'importance des enjeux macroéconomiques, et ce, malgré une saison de résultats d'entreprises qui demeure très satisfaisante, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs et de la technologie. 

Évolution des marchés sur la semaine du 08/05/2026 au 15/05/2026 :

Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 15/05/2026, en devises locales) :

Dans cet environnement plus incertain, des mouvements de consolidation ont été observés sur les places européennes et asiatiques. À Paris, le CAC 40 a enregistré un repli hebdomadaire de -2 %. L'indice paneuropéen STOXX Europe 600 recule de façon plus mesurée pour s'inscrire en baisse de -0,85 %. En Asie, la tendance a été similaire avec un Nikkei 225 qui a cédé -2,3 %. Les marchés américains ont, de leur côté, davantage préservé l'équilibre sur la semaine. Le S&P 500 affiche une légère progression de +0,1 %, toujours soutenu par la pondération importante de son secteur technologique qui continue de faire preuve d'une belle résilience.

Le marché enterre l’hypothèse d’une baisse des taux aux États-Unis  

Les récentes statistiques américaines ont en effet ravivé les interrogations quant à un maintien prolongé de la fermeté des banques centrales. Les chiffres du mois d'avril témoignent d'une certaine résilience des prix, avec un indice des prix à la consommation qui s'établit en hausse de +3,8 % sur un an, contre +3,7 % attendus par le consensus. L'indice des prix à la production a davantage surpris les marchés avec une progression de +6,0 % sur un an, soit une augmentation de +1,4 % sur un seul mois, affichant ainsi un écart notable par rapport aux prévisions initiales. Ces données supérieures aux attentes ont logiquement entraîné une tension sur les rendements obligataires. Le taux de l'emprunt d'État américain à 10 ans a de nouveau franchi le seuil des 4,5 %. Reflet de l'évolution des anticipations, le taux à 2 ans a retrouvé ses niveaux de juin dernier, une période où les taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) étaient pourtant supérieurs de 75 points de base. Face à cette dynamique, le marché n'intègre plus de baisse de taux aux États-Unis pour l'ensemble de l'année 2026, et commence même à envisager la possibilité d'un relèvement d'ici le mois de décembre. Ce contexte macroéconomique coïncide avec l'achèvement du mandat de Jerome Powell à la présidence de la Réserve fédérale. Le marché se prépare ainsi à la transition vers Kevin Warsh, récemment confirmé par le Sénat, en restant particulièrement attentif à son discours inaugural qui pourrait adopter un ton restrictif face à l'évolution récente de l'inflation. 

La tonne de cuivre a franchi les 14 000 

L'évolution des matières premières illustre fidèlement les déséquilibres actuels entre l'offre et la demande mondiale. Le marché de l'énergie a clôturé la semaine en hausse, le baril de Brent progressant de près de +4 % pour s'établir autour de 109 dollars, tandis que le WTI américain a franchi le cap des 100 dollars. Ce mouvement s'explique par une offre mondiale contrainte et la poursuite des perturbations au Moyen-Orient. Le sommet diplomatique sino-américain, bien qu'ayant abouti à un accord de principe concernant le programme nucléaire iranien, n'a pas apporté d'avancées suffisamment concrètes pour réduire la prime de risque géopolitique à court terme. Par ailleurs, l'Agence internationale de l'énergie estime que la production mondiale a diminué de 1,8 million de barils par jour en avril, reflétant les difficultés d'exportation de la région et la sortie des Émirats arabes unis de l'OPEP. 

Sur le front des métaux, le cours du cuivre a franchi la barre des 14 000 dollars la tonne à Londres avant de consolider légèrement. Les difficultés de production au Pérou, conjuguées à la demande structurelle liée aux nouvelles infrastructures technologiques, continuent de soutenir ces niveaux de valorisation. À l'inverse, l'or recule à 4 539 dollars l'once, pénalisé par la perspective de taux d'intérêt durablement élevés qui incitent les investisseurs à privilégier des actifs plus rémunérateurs.

Un nouveau président à la tête de la Fed 

La semaine à venir sera particulièrement instructive pour l'orientation des marchés, qui restent partagés entre la transition de la politique monétaire et les publications d'entreprises clés. Dès lundi, les investisseurs suivront l'entrée en fonction de Kevin Warsh à la présidence de la Fed, dont le discours sera analysé pour identifier d'éventuelles inflexions dans la conduite de la politique monétaire.

Le milieu de semaine sera animé par la publication, mercredi, des minutes du FOMC d'avril, qui permettront d'évaluer les différents positionnements au sein de l'institution. Cette même journée verra également la publication des données de l'inflation britannique.Jeudi et vendredi, les indices PMI Flash en Zone Euro et aux États-Unis donneront une indication précieuse de l'activité économique, suivis par l'indice IFO en Allemagne et les anticipations d'inflation de l'Université du Michigan

.Enfin, sur le plan microéconomique, l'attention se portera mercredi soir sur les résultats de Nvidia, avec un consensus anticipant des revenus autour de 75 milliards de dollars. Si l'entreprise confirme sa dynamique et dépasse ces attentes, le marché pourrait valider l'idée d'une certaine décorrélation entre une macroéconomie contrainte par l'inflation et un secteur technologique porté par l'innovation. À l'inverse, des résultats inférieurs aux attentes pourraient remettre en question ce scénario et favoriser une phase de consolidation un peu plus marquée sur l'ensemble des marchés d'actions.

 Achevé de rédiger le 17/05/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

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