Les géants de la technologie confirment leur statut de valeur refuge
L’hebdo boursier : semaine du 01/05/2026 au 08/05/2026
La semaine boursière s'est achevée le vendredi 8 mai 2026 dans un climat de dualité extrême, marqué par une déconnexion frappante entre l'euphorie technologique américaine (le S&P 500 progressant de 2,3 %) et l'atonie prudente des marchés européens.
Évolution des marchés sur la semaine du 01/05/2026 au 08/05/2026
Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 11/05/2026, en devises locales)
Le CAC 40 a terminé la séquence à l’équilibre, masquant pourtant des oscillations quotidiennes importantes au gré des tensions persistantes dans le détroit d'Ormuz. Ce calme relatif en clôture résulte d'un bras de fer permanent entre l'optimisme suscité par les résultats d'entreprises et l'angoisse géopolitique. L'espoir initial d'un accord de paix entre Washington et Téhéran, qui avait propulsé l'indice parisien de 4 % en début de semaine, s'est rapidement dissipé après la relance du « Project Freedom » par Donald Trump. Le rejet des propositions américaines par l'Iran et les échanges de tirs signalés depuis jeudi soir ont ravivé les craintes d'un conflit prolongé, l'Iran accusant les États-Unis de violation de cessez-le-feu après des frappes de riposte sur trois navires. Le président américain a minimisé ces incidents, les qualifiant de « broutille » , mais la réalité du terrain montre une fragilité extrême de l'approvisionnement maritime mondial.
En Europe, les résultats ont été globalement solides pour les poids lourds de la cote. Novo Nordisk s'est particulièrement distingué avec un rebond de 4,2 %, soutenu par un relèvement de ses objectifs annuels et des avancées majeures sur sa pilule anti-obésité qui génère déjà 200 000 prescriptions hebdomadaires. LVMH a également tiré son épingle du jeu avec une hausse de 4,7 %, le secteur du luxe profitant de l'apaisement relatif en Iran pour rebondir.
Qualcomm affiche des revenus records
Parallèlement, Wall Street demeure portée par l'intelligence artificielle qui semble immuniser les indices contre les risques macroéconomiques traditionnels. La saison des résultats du T1 a apporté un soutien fondamental crucial avec une croissance des bénéfices par action de 27 % pour le S&P 500 et des marges nettes records à 14,7 %. Les géants de la technologie ont globalement confirmé leur statut de valeurs refuges avec les progressions de Nvidia (+8,4 %), Apple (+4,7 %) ou encore Alphabet (+3,9 %). Les semi-conducteurs ont aussi confirmé leur statut de moteur principal du « rallye » actuel, portés par les excellentes publications d'AMD (+19 %) et d'Arm Holdings (+9 %). Qualcomm a également brillé avec des revenus records, prouvant que la monétisation de l'IA est désormais une réalité concrète.
En Asie, la performance a été encore plus spectaculaire avec un KOSPI sud-coréen s'envolant de 12,1 % sur la semaine, soutenu par Samsung qui est devenue la première société du pays à franchir le cap symbolique des 1 000 Md$ de capitalisation boursière
La résilience du marché de l’emploi américain
Sur le front macroéconomique, le rapport officiel sur l'emploi américain pour le mois d'avril 2026 a largement dépassé les attentes du marché. L'économie américaine a généré 115 000 créations de postes non agricoles, soit près du double du consensus de 65 000, illustrant une résilience structurelle surprenante. Le secteur privé a été le moteur exclusif de cette croissance avec 123 000 créations, compensant la réduction continue des effectifs fédéraux. Toutefois, cette vigueur complique la tâche de la Réserve fédérale, qui se trouve face à une division interne sans précédent depuis 1992 avec quatre membres dissidents. Le marché s'interroge désormais davantage sur une éventuelle hausse que sur une baisse, tandis que le rendement du 30 ans américain s'installe au-dessus de 5 %.
Le marché des matières premières a été le théâtre d'une correction notable du pétrole, malgré les tensions géopolitiques. Le Brent a chuté de 7,3 % pour s'établir à 100,25$, et le WTI a reculé de 6,4 % à 95,42$, les investisseurs pariant sur les négociations diplomatiques menées via les canaux pakistanais et omanais. À l'opposé, les métaux précieux et industriels ont poursuivi leur ascension. L'or a atteint 4 730$ l'once, tandis que l'argent a bondi de 6,6% à 80,3$, validant une sortie de triangle technique majeure. Le cuivre a signé sa meilleure semaine depuis janvier à Londres, atteignant 13 393$ la tonne, sous l'effet de ruptures d'approvisionnement majeures en Indonésie et des perturbations logistiques dans le Golfe. L'euro s'est raffermi vers 1,18$, reflétant la divergence monétaire, tandis que le bitcoin a consolidé juste sous les 80 000$.
La semaine à venir s'annonce particulièrement chargée sur le plan diplomatique avec le sommet Trump-Xi à Pékin les 14 et 15 mai. Cette rencontre sera déterminante pour l'orientation des échanges commerciaux mondiaux et pourrait offrir un répit bienvenu sur le front géopolitique. En parallèle, les investisseurs scruteront le vote final au Sénat sur Kevin Warsh attendu lundi soir, ainsi que les nouvelles données de l'inflation américaine. Les prix alimentaires montrent en effet des signes de ré-accélération inquiétants. Les publications de résultats d'Alibaba, JD.com et AMAT permettront également d'évaluer la dynamique de consommation mondiale et l'impact réel des tensions actuelles sur le commerce transcontinental.
Achevé de rédiger le 10/05/2026
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

