3 août 2026

Les grands indices terminent la semaine dans le vert

L'hebdo boursier : semaine du 24/07/2026 au 31/07/2026

La dernière semaine de juillet s'est achevée sur une note de forte volatilité, caractérisée par d’importants soubresauts et un rebond final qui a permis aux grands indices de clôturer la séquence en territoire positif, à l'image du S&P 500 en hausse de 1,1 %, du Nasdaq s'adjugeant 1,6 % ou encore du CAC 40 progressant de 1,6 %. Les marchés financiers ont évolué au gré d'un triptyque complexe combinant l'évolution du conflit au Moyen-Orient, une salve décisive de publications de résultats dans le secteur technologique et la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). 

Évolution des marchés sur la semaine du 24/07/2026 au 31/07/2026 :

Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 31/07/2026, en devises locales) :

Sur le plan géopolitique, les cours du pétrole ont connu une phase de consolidation après deux semaines d'envolée, le baril de Brent cédant 4,1 % à 88 dollars dans le sillage de la suspension des frappes américaines et de l'ouverture de canaux de discussion en Oman. La situation demeure toutefois précaire alors que l'Iran a tenté d'élargir le conflit par des frappes préventives sur des positions américaines en Jordanie, laissant émerger l'hypothèse d'une cogestion sous contrôle du détroit d'Ormuz. 

Les taux américains en hausse 

Du côté des banques centrales, la Fed a maintenu comme prévu ses taux directeurs inchangés dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 % pour la cinquième fois consécutive, mais cette décision a révélé une fracture inédite au sein du comité. Trois gouverneurs ont en effet voté pour une hausse de 25 points de base face à la ténacité de l'inflation. Dans son intervention, le président de la Fed, Kevin Warsh, a réaffirmé avec fermeté l'objectif strict d'inflation à 2 % tout en refusant toute indication prospective, ce qui a repoussé les espoirs d'assouplissement monétaire pour le second semestre et provoqué une nette pentification de la courbe des taux américains. Ainsi, le rendement du 10 ans remontant à 4,73 % et le 30 ans atteignant un sommet de dix-neuf ans à 5,23 %. En Europe, où les rendements se sont stabilisés à des niveaux élevés avec un Bund à 3,21 % et une OAT à 4,00 %, la croissance du deuxième trimestre est ressortie à +0,4 %, incitant à réviser la prévision annuelle 2026 à 0,8 % malgré la faiblesse persistante de l'activité.

Les marchés attendent des preuves de rentabilité de l’IA

Sur le front microéconomique, la semaine a été marquée par la fin de l'impunité sur les valorisations technologiques et par une prise de conscience brutale des contraintes de bilan. Une part significative de la violente correction observée tout au long du mois de juillet s'explique désormais par la défaillance technique d'un fonds à fort levier, Situational Awareness, contraint d'exécuter des liquidations forcées auprès de Citadel après une chute de 67 % de ses encours. Cette purge technique a engendré des anomalies de cours extrêmes, à l'instar de l'envolée de 18 % du Kospi coréen sur la seule séance de vendredi (la plus forte hausse quotidienne d'un grand indice depuis la fin du siècle dernier), qui n'empêche pas l'indice de boucler son pire mois depuis octobre 2008 (-22 % !). 

Au-delà de ces facteurs techniques, les marchés ont imposé une nouvelle grille de lecture aux géants du Cloud : la simple promesse d'investissements massifs dans l'intelligence artificielle ne suffit plus, le marché exigeant désormais la preuve irréfutable de sa conversion en cash et en rentabilité directe. Les résultats des  « hyperscalers »  ont parfaitement illustré cette sélectivité. Microsoft a publié la copie la plus équilibrée en combinant une accélération d'Azure à +43 %, une adoption massive de Copilot et un flux de trésorerie disponible de 19,6 milliards de dollars pour un budget d'investissement maintenu. Amazon a de son côté convaincu en affichant une croissance de 37 % pour AWS avec une marge opérationnelle préservée à près de 39 %, conduisant les investisseurs à lui pardonner la révision à la hausse de ses dépenses d'équipement. À l'inverse, Alphabet a été pénalisé, la semaine passée, par son premier trimestre de trésorerie disponible négative depuis 2004 (-5,9 milliards de dollars) provoqué par le doublement de son effort d'infrastructure, tandis que Meta souffre d'un manque de visibilité sur la monétisation directe de ses dépenses d'IA. En Europe, la saison des publications a été portée par l'excellente performance de Capgemini, qui a réhaussé ses objectifs annuels grâce à une solide dynamique commerciale au premier semestre, tandis qu'Hermès a subi des dégagements consécutifs à la stagnation de son résultat net malgré une rentabilité opérationnelle courante maintenue à 41 %.

Évaluer la trajectoire américaine 

Pour les jours à venir, le calendrier macroéconomique restera particulièrement chargé avec la parution des indices d'activité PMI, de l'indicateur ISM et du rapport mensuel sur l'emploi américain, qui permettront d'évaluer la trajectoire de l'économie américaine face au maintien prolongé de taux d'intérêt restrictifs. La saison des résultats se poursuivra également à un rythme soutenu avec les publications attendues de grands noms internationaux tels que Palantir, Eli Lilly, HSBC ou Siemens.

Notre analyse 

En prenant du recul, les enseignements de cette semaine s'inscrivent dans la directe continuité des analyses développées au fil de nos dernières publications. Il y a deux semaines, nous mettions en garde contre le risque d'excès de levier et de concentration aveugle qui caractérisait certaines poches spéculatives du marché ; l'implosion du fonds Situational Awareness et les turbulences inédites observées sur les marchés asiatiques sont venues démontrer avec clarté qu'un retournement de levier s'effectue toujours de façon mécanique et sans égard pour les fondamentaux. La semaine passée, nous soulignions le changement de paradigme à l'œuvre face au mur d'investissements en infrastructures, affirmant que le marché ne payerait plus indéfiniment les dépenses de capital sans un retour sur investissement mesurable. L'évolution de cette semaine valide pleinement cette grille de lecture : le marché ne rejette pas la technologie, mais il a clairement défini sa nouvelle fonction d'utilité en sanctionnant l'accumulation de dépenses non financées pour privilégier la preuve tangible de la conversion en flux de trésorerie disponible. L'écart spectaculaire de réaction entre la sanction subie par Meta, Apple ou Alphabet et le plébiscite accordé à Microsoft ou Amazon illustre cette bascule irrésistible de la promesse vers la rentabilité réelle. 

Achevé de rédiger le 02/08/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

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