12 octobre 2026

Les indices américains frôlent leurs records historiques

L'hebdo boursier : semaine du 02/10/2026 au 09/10/2026

La semaine financière qui vient de s'écouler a mis en lumière une nette divergence de trajectoire entre les deux rives de l'Atlantique, confirmant la capacité de résilience du marché américain face à une Europe toujours engluée dans ses incertitudes souveraines. Les indices américains ont terminé la période à un souffle de leurs records historiques, le S&P 500 s'adjugeant une progression de 1,2 % et le Nasdaq Composite avançant de 0,6 %. À l'inverse, les places européennes ont poursuivi leur mouvement de consolidation, l'indice Euro Stoxx 50 cédant 1,0 % et le CAC 40 abandonnant 1,2 %. 

Évolution des marchés sur la semaine du 02/10/2026 au 09/10/2026 :

Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 09/10/2026, en devises locales) :

Cette solidité de la cote américaine masque toutefois une participation relativement étroite, puisque seulement 43 % des valeurs composant le S&P 500 évoluent actuellement au-dessus de leur moyenne mobile à 200 jours. La situation est techniquement plus dégradée en Europe, où plus d'un tiers des valeurs accusent un retard supérieur à 20 % par rapport à leurs récents points hauts, alimentant les débats sur le retour potentiel des titres décotés. 

Tensions sur la courbe des taux

Sur les marchés obligataires, la pression sur les rendements à long terme s'est maintenue, le taux de l'emprunt d'État américain à 10 ans clôturant à 5,24 % après avoir approché le seuil des 5,35 % en séance jeudi. Ce niveau de rendement, inédit depuis de nombreuses années, n'a pourtant pas dissuadé les investisseurs institutionnels. Les récentes adjudications du Trésor américain sur les maturités à 3, 10 et 30 ans ont toutes trouvé preneur à des rendements supérieurs à 5 %, une situation qui ne s'était pas présentée depuis 2007. Cette tension sur la courbe des taux s'explique davantage par la hausse des taux réels que par une résurgence des craintes inflationnistes, les points morts d'inflation demeurant ancrés autour de 2,4 %. Les opérateurs de marché, qui écartent majoritairement l'hypothèse d'une hausse des taux directeurs lors de la réunion de la Réserve fédérale fin octobre pour privilégier un mouvement en décembre, attendent désormais avec attention les chiffres de l'inflation américaine de septembre pour valider ce scénario. 

En Europe, le marché de la dette souveraine a connu une phase de relative stabilisation après les violents écartements observés précédemment. L'écart de rendement entre l'OAT française et le Bund allemand à 10 ans a terminé la semaine à 137 points de base, en léger retrait par rapport aux 141 points de base constatés la semaine précédente, après avoir marqué un point bas à 127 points de base mardi. Cette accalmie technique a été en partie favorisée par la présentation d'un contre-budget chiffré par Marine Le Pen, visant un déficit de 3,7 % du PIB dès 2027 au moyen de 140 milliards d'euros d'économies. Si certaines institutions financières doutent de la crédibilité absolue de cette trajectoire, cette proposition a eu le mérite de fournir au marché un cadre de référence quantifiable, permettant de tarifer des écarts par rapport à un objectif plutôt que de naviguer dans une incertitude totale. Les grands acteurs de la gestion d'actifs, à l'instar d'Amundi, ont d'ailleurs profité du pic de stress autour des 150 points de base pour racheter de la dette française avec mesure, analysant cette crise de défiance non pas comme une singularité hexagonale, mais comme une problématique budgétaire occidentale globale où les émetteurs privés de grande qualité sont parfois perçus comme moins risqués que les États. 

Les cours de l’énergie toujours sous haute tension

L'environnement géopolitique et le marché des matières premières ont continué d'imposer une prime de risque significative. Les cours de l'énergie ont connu une semaine heurtée, le baril de Brent s'appréciant de 2,0 % pour s'établir à 104,24 dollars, tandis que le brut léger américain WTI progressait de 0,4 % à 91,53 dollars. Une forte volatilité a agité les séances centrales de la semaine, avec des hausses intra journalières marquées à la suite des déclarations iraniennes sur le contrôle du détroit d'Ormuz, avant qu'un reflux ne s'opère lorsque l'administration américaine a explicitement écarté l'éventualité de frappes militaires contre l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Néanmoins, les contraintes physiques sur l'offre se sont rappelées au bon souvenir des marchés, l'ouragan Isaias ayant contraint à l'arrêt 63 % de la production pétrolière dans le golfe du Mexique.Le marché européen du gaz naturel reste le plus vulnérable, le contrat TTF enregistrant une hausse de 7,2 % à 80,18 euros le mégawattheure, avec des projections d'analystes pointant vers les 150 euros si les approvisionnements en gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe devaient se maintenir à un quart de leur niveau habituel cet hiver. Dans ce contexte incertain, l'or a poursuivi sa progression prudente, s'adjugeant 1,3 % à 4 200 dollars l'once, le métal précieux semblant déjà intégrer une large part de cette prime de risque. À noter également, la surprise haussière du cuivre, dont la vigueur illustre les besoins colossaux des infrastructures de transition énergétique en Asie. 

Les télécommunications bousculées par l’innovation

L'analyse de la sphère microéconomique révèle de profondes mutations sectorielles et des révisions de valorisation parfois brutales. Le secteur de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs a traversé une zone de turbulences, pénalisé par des taux d'actualisation au plus haut depuis plus de deux décennies qui renchérissent le financement des infrastructures. La publication d'estimations révisant à la baisse les revenus annualisés d'OpenAI, passés d'un consensus de 70 milliards à 50 milliards de dollars, a déclenché d'importants dégagements. Les grands acteurs du secteur ont accusé le coup. Le coût de ce déploiement technologique se lit également sur le marché du crédit, où les primes d'assurance contre le défaut de paiement des fournisseurs d'infrastructures  « cloud »  évoluent sur leurs plus hauts de l'année. Le secteur des télécommunications n'a pas été épargné par les chocs d'innovation, accusant un net repli, à la suite de l'annonce de la transformation de SpaceX en opérateur mobile via l'acquisition d'un spectre de fréquences stratégique. Enfin, sur le front des opérations de fusion-acquisition, l'annonce par Schneider Electric de l'acquisition de PTC pour 22,6 milliards de dollars a été sanctionnée par une baisse de 10 % du titre, le marché anticipant avec prudence l'émission à venir de 16 à 17 milliards d'euros de nouvelle dette. Plus au sud, le marché brésilien a salué l'issue du premier tour de l'élection présidentielle, l'indice Ibovespa bondissant de 8,8 % pour atteindre un niveau record. 

Début de la saison des résultats trimestriels 

La séquence qui s'ouvre sera dominée par la publication des chiffres de l'inflation américaine, jalon indispensable pour valider la trajectoire de la Réserve fédérale avant sa réunion de fin de mois. Parallèlement, le coup d'envoi de la saison des résultats trimestriels viendra confronter les valorisations boursières à la réalité des bilans d'entreprises. Les annonces des leaders européens comme LVMH ou ASML, ainsi que celles des grandes institutions financières de Wall Street, fourniront de précieuses indications sur la capacité des modèles économiques à digérer un coût du capital durablement plus élevé et un environnement de croissance mondiale toujours contrasté. 

Achevé de rédiger le 11/10/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures 

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