7 septembre 2026

Les marchés font face à des signaux contradictoires

L'hebdo boursier : semaine du 28/08/2026 au 04/09/2026

La première semaine de septembre a été marquée par une extrême volatilité des anticipations monétaires, les marchés cherchant leur boussole entre des signaux contradictoires. Jusqu'au milieu de la semaine, les investisseurs digéraient encore le message restrictif délivré par le président de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh, anticipant majoritairement une hausse des taux. Jeudi, le scénario d'un statu quo a brusquement regagné du terrain à la suite d'une intervention nettement plus accommodante du gouverneur Christopher Waller. Cet espoir fut douché dès vendredi par la publication d'un rapport sur l'emploi américain d'une robustesse inattendue. 

Évolution des marchés sur la semaine du 28/08/2026 au 04/09/2026 

Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 28/08/2026, en devises locales)



L'économie a généré 162 000 créations de postes en août, un chiffre trois fois supérieur aux attentes du consensus, tandis que le taux de chômage est resté stable à 4,1 %. La résilience de ce marché du travail confirme que l'inflation demeure l'unique préoccupation de la Réserve fédérale. En conséquence, la probabilité d'un relèvement des taux directeurs lors de la réunion du 16 septembre a vivement rebondi pour dépasser les 60 %. 

De fortes tensions sur les dettes souveraines

Cette incertitude percute frontalement une dynamique budgétaire américaine devenue une source d'inquiétude majeure pour les créanciers. Face à une dette publique massive, le marché obligataire mondial a subi un réajustement brutal. Aux États-Unis, le rendement à 10 ans s'est tendu autour de 4,8 %, tandis que le 30 ans a atteint 5,25 %, flirtant avec ses plus hauts niveaux en près de deux décennies. L'intervention du Secrétaire au Trésor, Scott Bessent, qui a annoncé le doublement des rachats de dette publique à long terme, n'aura offert qu'un répit technique éphémère. Ce mouvement d'aversion sur la dette souveraine est global, le rendement à 10 ans japonais ayant franchi les 3 % pour la première fois depuis 1996, tandis que le 30 ans britannique inscrit un plus haut de trente ans. Le marché exige désormais une prime de terme durablement plus élevée pour financer des déficits structurels. 

Le secteur de l’énergie sous tension

Le tableau macroéconomique est par ailleurs alourdi par une escalade militaire au Moyen-Orient. La recrudescence des hostilités entre les États-Unis et l'Iran a virtuellement paralysé le trafic dans le détroit d'Ormuz, marquant la septième semaine consécutive sans exportations iraniennes par cette voie. Les conséquences sur le complexe énergétique ravivent directement la menace inflationniste. Le baril de Brent a bondi de 9,3 % à 96 dollars et le WTI s'est apprécié de 9,7 % à 91 dollars. La marge de raffinage sur le diesel a franchi le seuil des 100 dollars le baril, amplifiée par la suspension des exportations russes, tandis que le gaz naturel européen a progressé de 7,4 % à 72 euros. L'or s'est légèrement replié de 0,6 % à 4 430 dollars l'once, pénalisé par la fermeté des taux réels, mais clôture l'un de ses meilleurs mois d'août historiques. Malgré cette pression transversale, les fondamentaux de la thématique technologique continuent de délivrer des preuves tangibles de solidité. Dell s'est adjugé près de 15 % après l'annonce d'un chiffre d'affaires en hausse de 58 % et d'un carnet de commandes de serveurs liés à l'IA atteignant 95 milliards de dollars. Broadcom a également rassuré en visant 115 milliards de revenus liés à l'IA d'ici 2027. Cependant, la sélectivité reste de mise, comme en témoignent les sanctions ayant frappé Palo Alto (-10,3 %) et MongoDB (-17,4 %) en raison de prévisions jugées trop prudentes. Au-delà des publications, c'est l'effet d'éviction qui pèse structurellement : la dette technologique draine la liquidité au détriment des marchés actions, concurrençant frontalement la dette souveraine pour capter l'épargne longue. 

La BCE au cœur de l’attention

La semaine à venir s'annonce décisive pour consolider ces anticipations monétaires. La réunion de la Banque centrale européenne du 10 septembre, avec une hausse largement anticipée, sera scrutée pour ses indications sur la politique de fin d'année. Surtout, la publication de l'inflation américaine du mois d'août fera figure de juge de paix pour la Réserve fédérale, à quelques jours d'une réunion particulièrement sous tension. Dans ce marché où l'endettement public repousse les limites des taux à long terme, notre stratégie conservera sa rigueur sur la sélection d'entreprises capables de financer leur croissance par la génération de flux de trésorerie organiques  

Achevé de rédiger le 06/09/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

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