1 juin 2026

Les marchés poursuivent leur ascension malgré les incertitudes

L’hebdo boursier : semaine du 22/05/2026 au 29/05/2026

En dépit d'une cacophonie diplomatique persistante à Washington concernant l'échiquier moyen-oriental, les marchés financiers démontrent une remarquable immunité face au bruit géopolitique. Les opérateurs semblent avoir d'ores et déjà intégré (et entièrement "pricé" ?) l'hypothèse d'une résolution imminente du conflit. Si l'incertitude demeure quant à la nature exacte du dénouement - à savoir la validation d'un cessez-le-feu de 60 jours, couplé à la réouverture du détroit d'Ormuz, ou le risque d'une nouvelle escalade militaire -, l'appétit pour le risque n'a pas vacillé. Le célèbre adage "Sell in May and go away" s'est ainsi avéré particulièrement inopérant cette année, balayé par un flux acheteur puissant et une liquidité abondante. 

Évolution des marchés sur la semaine du 22/05/2026 au 29/05/2026 

Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 29/05/2026, en devises locales) 

À Wall Street, l'euphorie ne faiblit pas, le S&P 500 signe une neuvième semaine consécutive de hausse (+1,8 % à 7 580 points), sa plus longue phase d'expansion depuis 2023, tandis que le Dow Jones s'offre le luxe de franchir le seuil historique des 51 000 points. Cette dynamique est encore plus spectaculaire en Asie, épicentre de la production des semi-conducteurs, où le Nikkei 225 japonais s'adjuge un nouveau record (+4,7 % à 66 330 points) et où le Kospi sud-coréen s'envole littéralement de 8,5 %.

L'Europe, structurellement moins exposée à la thématique technologique, affiche une progression plus mesurée mais solide : le CAC 40 gagne 0,8 % (8 183 points), le DAX s'apprécie de 0,9 % et l'Euro Stoxx 50 clôture en hausse de 0,5 %.

Le Brent en recul

L'anticipation d'une accalmie géopolitique a en revanche provoqué des secousses sur le front des matières premières. Le marché pétrolier a corrigé, intégrant par anticipation la réouverture potentielle du détroit d'Ormuz, une artère vitale pour les flux énergétiques mondiaux. Le baril de Brent a ainsi plongé de plus de 11 % sur la semaine (et de 17 % sur le mois de mai) pour retomber à 92 dollars. Les opérateurs font le pari de la diplomatie, bien que les "lignes rouges" fixées par l'administration américaine (notamment sur le programme nucléaire de Téhéran) ne soient pas encore officiellement levées.

Du côté des métaux, l'attentisme prévaut. L'or consolide très légèrement (-0,1%), tiraillé entre la baisse du dollar qui le soutient et la perspective de taux maintenus en territoire restrictif qui le pénalise. Le cuivre, baromètre de l'économie mondiale, se fige autour des 13 700 dollars la tonne. Sur les marchés agricoles, la détente est de mise pour les céréales (blé et maïs), rassurées par de meilleures perspectives de récoltes mondiales compensant la sécheresse américaine, tandis que le cacao s'offre un nouveau rebond spectaculaire de 10 %, ravivant les craintes sur l'offre en provenance d'Afrique de l'Ouest.

Les composants mémoires en surchauffe 

Sur le plan microéconomique, la semaine a été le théâtre d'une exubérance absolue autour de la technologie. Le nouveau champ de bataille de l'intelligence artificielle s'est déplacé vers le secteur de la "mémoire", propulsant les valorisations des géants asiatiques à des niveaux stratosphériques, à l'instar de Samsung (+150 % depuis janvier) et SK Hynix (+215 %). Ce comportement boursier suscite toutefois une certaine prudence, l'industrie des composants mémoires étant historiquement soumise à de violents cycles. L'indicateur le plus éloquent de cette surchauffe est sans doute l'indice américain des semi-conducteurs (SOX), qui affiche un gain de 80 % sur l'année, marquant son meilleur démarrage historique. Techniquement, l'indice évolue désormais à plus de 60 % au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours. Comme le soulignent certains analystes, une telle déviation n'a été observée qu'à trois reprises au cours des trente dernières années (1995, 1996 et 2000), des configurations qui ont systématiquement précédé de sévères corrections. Si la réalité des investissements actuels colossaux des entreprises diffère de la bulle des dot-coms, l'histoire invite à une gestion rigoureuse des risques. Cette course à la puissance de calcul a d'ailleurs été parfaitement résumée par Arthur Mensch, dirigeant de Mistral AI : "Vendre uniquement des électrons reviendrait à la stratégie d'un pays non industrialisé : la vraie valeur est dans la transformation de l'électricité en intelligence".

Les chiffres de l’inflation et de l’emploi attendus

Pour entamer ce mois de juin, le calendrier macroéconomique offrira de nouveaux relais fondamentaux aux investisseurs. La séance de mardi sera dominée par la publication des indices d'inflation en Europe pour le mois de mai, une donnée cruciale à l'approche des prochaines réunions de la BCE.

Vendredi, tous les regards se tourneront vers les États-Unis avec le rapport officiel sur l'emploi (NFP), véritable juge de paix pour jauger la résilience de la première économie mondiale et affiner les anticipations sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

Enfin, le bal des publications d'entreprises viendra apporter son lot d'animations microéconomiques, avec les annonces très attendues d'acteurs clés de la tech et de la cybersécurité tels que Hewlett-Packard, Palo Alto, Broadcom et CrowdStrike, sans oublier le géant européen de la distribution Inditex.

Achevé de rédiger le 31/05/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

Partager cette publication