15 juin 2026

Les marchés reprennent leur souffle dans l’attente de la prochaine réunion de la Fed

L’hebdo boursier : semaine du 05/06/2026 au 12/06/2026

Semaine de respiration après la purge pour les marchés financiers, qui ont digéré le repricing de la semaine précédente à la faveur d'une désescalade géopolitique majeure. Dans un énième revirement, le président américain Donald Trump a annulé de nouvelles frappes prévues contre l'Iran, évoquant la signature imminente d'un accord à Genève et la réouverture du détroit d'Ormuz. Bien que Téhéran rappelle qu'aucune décision finale n'est prise et exige la fin des hostilités au Liban, cet apaisement a suffi à rassurer les opérateurs. Ce climat plus clément a particulièrement profité à l'Europe, portée par les secteurs traditionnellement défensifs, comme la santé, et les valeurs cycliques. La vieille économie capte ainsi la rotation sectorielle, permettant au Vieux Continent de faire preuve d'une bonne résilience et de surperformer les États-Unis.

Évolution des marchés sur la semaine du 05/06/2026 au 12/06/2026 :

Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 12/06/2026, en devises locales) :

Une réunion de la Fed décisive 

Sur le front monétaire, la Banque Centrale Européenne a franchi le pas. Elle a, sans surprise, relevé ses taux de 25 points de base - pour les porter à 2,25 % - signant son premier resserrement depuis près de trois ans. Cette fermeté européenne contraste avec l'attentisme américain, bien que l'inflation outre-Atlantique, de nouveau supérieure à 4 %, ait atteint son plus haut niveau depuis avril 2023. Ce rebond des prix, couplé à la vigueur inattendue du marché de l'emploi vue la semaine précédente, alimente les craintes d'une hausse des taux directeurs américains d'ici la fin de l'année. L'attention se tourne désormais vers la Réserve fédérale la semaine prochaine, marquée par la première sortie publique de son nouveau président, Kevin Warsh.

L’euphorie autour de SpaceX

Du côté de la microéconomie, la semaine a été éclipsée par l'euphorie entourant l'introduction en Bourse de SpaceX, la plus grande de l'histoire. Avec une levée record de 75 milliards de dollars et une valorisation avoisinant les 1 800 milliards de dollars, l'entreprise d'Elon Musk a suscité une demande phénoménale de plus de 350 milliards, poussant même les investisseurs particuliers américains à vendre massivement d'autres actions sur trois séances consécutives pour financer cette opération.

Dans le reste du secteur technologique, la dynamique a été fortement polarisée : si les fabricants d'équipements pour semi-conducteurs comme KLA Corporation et Applied Materials se sont envolés, portés par le cycle de l'IA, les éditeurs de logiciels ont lourdement chuté. Oracle, pénalisé par des prévisions d'investissements massifs, dévisse de -14 %, entraînant notamment dans son sillage Adobe, Salesforce et SAP.

Les matières premières en repli

Sur le marché des matières premières, l'accalmie diplomatique a fait plonger les prix de l'énergie. Le baril de Brent recule de 6 % à 87 dollars, tout comme le WTI à 85 dollars. Ce repli s'explique par la perspective d'une reprise progressive du transit des pétroliers dans le Golfe persique. À l'inverse, cette dissipation de la prime de risque géopolitique a pesé sur l'or (-2,5 % sur la semaine). L'environnement d'inflation et de taux d'intérêt potentiellement élevés pénalise cet actif  « non rémunérateur » , et ce malgré les achats continus de certaines banques centrales. Le cuivre poursuit également son repli sous les 13 400 dollars la tonne face aux inquiétudes sur la croissance mondiale, tandis que les marchés agricoles restent globalement baissiers à la faveur de conditions météorologiques excellentes aux États-Unis.

La semaine prochaine s'annonce particulièrement chargée sur le front monétaire, avec pas moins de dix réunions de banques centrales au programme. Sans faire injure aux institutions d'Angleterre, du Brésil, du Japon, d'Australie ou de Suisse, c'est bien la Réserve fédérale américaine qui attirera tout le feu des projecteurs. L'institution se trouve à un moment charnière vis-à-vis de sa lutte contre l'inflation, et ce rendez-vous marquera surtout la toute première sortie publique de son nouveau président, Kevin Warsh. Ce dernier devra se prêter à l'exercice toujours délicat de la conférence de presse post-décision, sous le regard attentif et exigeant des opérateurs. 

Achevé de rédiger le 14/06/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures 

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