23 mars 2026

Les places financières trébuchent sous le poids des incertitudes géopolitiques

L’hebdo boursier : semaine du 13/03/2026 au 20/03/2026

La troisième semaine du conflit au Moyen-Orient s'achève dans un climat de forte aversion au risque, les places financières mondiales s'enfonçant un peu plus dans le rouge. L'indice parisien enregistre une nouvelle baisse hebdomadaire de 3,1 % (et même -4,6 % pour son homologue allemand), portant son recul cumulé à plus de 10 % par rapport à ses sommets de février, actant ainsi son entrée technique en marché baissier. 

Ce mouvement de capitulation est similaire outre-Atlantique, où Wall Street continue de trébucher sous le poids des incertitudes géopolitiques et de l'envolée des matières premières. L'absence totale d'indices laissant présager une trêve imminente maintient une prime de risque importante, les investisseurs mesurant avec anxiété la détérioration rapide de l'environnement macroéconomique à l'aube du printemps. 


Évolution des marchés sur la semaine du 13/03/2026 au 20/03/2026 

Flambée énergétique

L'épicentre de ce chaos systémique demeure le marché énergétique, qui subit désormais des destructions d'infrastructures physiques. L'escalade militaire a franchi un nouveau cap avec l'attaque par les forces israéliennes du champ gazier de South Pars, qui concentre 70 % de la production iranienne. En représailles, Téhéran a lourdement endommagé le complexe qatari de Ras Laffan, plus grande usine d'exportation de GNL au monde, tout en frappant des sites stratégiques en Arabie saoudite, aux Émirats Arabes Unis et au Koweït. Le détroit d'Ormuz restant paralysé, les alternatives logistiques via des oléoducs historiques demeurent insuffisants face aux volumes bloqués. Contraints d'éviter la saturation de leurs stocks, les pays du Golfe réduisent donc leur production. Cette rupture d'approvisionnement a propulsé le baril de Brent au-delà des 118 dollars en cours de semaine, avant de se stabiliser autour des 108 dollars. Une dichotomie historique s'installe d'ailleurs avec le marché américain, le WTI, protégé du blocage d'Ormuz par la production domestique des États-Unis, stagnant sous la barre des 100 dollars pour clôturer autour de 96 dollars. 

Crispation sur le marché obligataire

Ce violent choc pétrolier et gazier vient paralyser l'action des grandes banques centrales, qui se sont réunies cette semaine dans un climat de tension extrême. La Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre ont unanimement opté pour un statu quo monétaire, mais ont durci leur discours. Les institutions ont acté le danger de considérer cette flambée énergétique comme purement transitoire, tant les effets de second tour menacent de s'ancrer dans l'économie réelle. Ce revirement restrictif repousse les anticipations de baisses de taux et provoque une crispation sur le marché obligataire. Le rendement de la dette allemande à 10 ans tutoie de nouveau ses sommets de 2023 à 3,0 %, tandis que son équivalent américain tente de franchir le seuil critique des 4,3 %.

Chute brutale de l’or

Sur le marché des devises et des matières premières, ces bouleversements forcent des réallocations massives. Le dollar américain confirme son statut de valeur refuge, maintenant l'euro sous pression autour des 1,155 dollar. Mais le fait marquant de la semaine réside dans la baisse marquée de l'or. Le métal jaune, censé protéger les portefeuilles en temps de guerre, a chuté de plus de 10 % pour retomber sous les 4 600 dollars l'once, signant sa pire semaine depuis le début de la pandémie. Cette chute contre-intuitive s'explique par de violents mouvements de désendettement (« deleveraging »), les investisseurs liquidant leurs positions pour faire face aux appels de marge, conjugués à la pression des taux réels qui pénalisent les actifs non rémunérés.

Le cuivre subit le même sort à Londres avec un repli de 5 %, reflétant la crainte d'une récession mondiale, tandis que les produits agricoles terminent en ordre dispersé à Chicago. Enfin, dans l'écosystème des cryptomonnaies, après sa résilience récente, le Bitcoin cède 3,5 % pour graviter autour des 70000 dollars, calquant de nouveau sa trajectoire sur l'aversion au risque des marchés actions traditionnels.

Achevé de rédiger le 22/03/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

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