5 octobre 2026

L’Europe au cœur d’une crise de défiance

L'hebdo boursier : semaine du 25/09/2026 au 02/10/2026

La transition vers le mois d'octobre s'est opérée dans un climat de forte volatilité, marqué par une divergence croissante entre les dynamiques obligataires européennes et américaines. Si les places boursières mondiales ont connu des trajectoires heurtées, Wall Street a de nouveau démontré sa résilience, le Nasdaq Composite s'adjugeant 0,5 % sur la semaine tandis que le S&P 500 limitait son repli à 0,3 %. 

Évolution des marchés sur la semaine du 25/09/2026 au 02/10/2026 :

 Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 02/10/2026, en devises locales) :

Le tableau s'avère nettement plus sombre en Europe, où l'indice Euro Stoxx 50 a cédé 1,0 % et le CAC 40 a abandonné 2,2 %. Cette sous-performance européenne s'enracine dans une crise de défiance à l'égard de la dette souveraine française, qui a relégué au second plan l'accalmie inattendue survenue sur le front macroéconomique américain. 

 Le marché de l’emploi en recul aux États-Unis

Outre-Atlantique, la publication des statistiques mensuelles a en effet provoqué un revirement prononcé des anticipations monétaires. Le rapport sur l'emploi de septembre a mis en évidence un ralentissement, ne recensant que 29 000 créations de postes, un niveau en deçà du consensus qui tablait sur 90 000. Ce refroidissement du marché du travail, couplé à un indice d'inflation Core PCE d'août ressorti en dessous des attentes, a convaincu les opérateurs que la Réserve fédérale n'avait plus d'urgence à agir sur ses taux.

En conséquence, la probabilité d'un nouveau durcissement monétaire à l'issue de la réunion du 28 octobre s'est sensiblement réduite, passant de près de 80 % en début de semaine à environ 20 %. Les responsables de la Réserve fédérale ont par ailleurs confirmé qu'il n'y avait pas d'urgence à poursuivre le resserrement. Si le rendement de l'emprunt d'État américain à 10 ans reste élevé, évoluant autour de 5,27 %, la pression sur la partie courte de la courbe s'est allégée. 

L’OAT renoue avec des niveaux dignes des années 2000 

Le véritable point de tension de la semaine s'est concentré sur la France. La présentation de la feuille de route budgétaire pour 2027, qui prévoit 54 milliards d'euros d'efforts selon les estimations pour tenter de ramener le déficit vers la cible des 5 %, n'a pas rassuré les créanciers du pays. Les investisseurs sanctionnent l'état des finances publiques et le risque politique qui complique l'assainissement des comptes. Le rendement de l'OAT à 10 ans s'est tendu jusqu'à toucher presque les 5 % (4,87 % en fin de semaine), renouant avec des niveaux oubliés depuis le début des années 2000. Plus préoccupant encore, l'écart de rendement avec le Bund allemand s'est creusé de manière inédite pour atteindre 140 points de base en clôture, après un pic en séance proche de 160 points de base. Il faut remonter à la crise de la dette de la zone euro en 2011 pour retrouver un tel niveau d'écartement. Les prémices d'une contagion se font d'ailleurs sentir, le spread italien s'étant également détérioré de manière notable. L'aversion au risque se propage également sur le marché du crédit d'entreprise, où la prime de risque des obligations de catégorie CCC a dépassé les 1000 points de base, une première depuis la crise bancaire régionale de 2023, tandis que l'indice iTraxx Europe (segments notés BB-BBB) a progressé à 65 points de base. 

Endiguer l’inflation énergétique

consommateurs, malgré un contexte géopolitique toujours volatil. Face à l'enlisement des pourparlers diplomatiques entre les États-Unis et l'Iran, les pays du G7 ont décidé d'intervenir en libérant jusqu'à 100 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques de brut et de diesel pour les quatre prochains mois. Cette initiative a été encouragée par l'administration américaine pour endiguer l'inflation énergétique. En parallèle, l'Arabie saoudite a augmenté les flux via son oléoduc Est-Ouest à plus de 80 % de sa capacité, signalant sa volonté de maintenir ses exportations face aux tensions régionales, tandis que l'OPEP+ a repoussé l'examen de ses capacités de production pour 2027. Le baril de Brent s'est stabilisé autour de 103 dollars, tandis que le brut léger américain WTI s'est replié à 92 dollars. Les prix des produits raffinés demeurent toutefois sous surveillance, notamment après la décision de la Chine d'interdire les exportations de carburants pour préserver ses stocks domestiques. Du côté des autres classes d'actifs, l'or a cédé 3 % pour s'établir à 4 140 dollars l'once.

Sur le plan microéconomique, le secteur technologique et de l'intelligence artificielle continue de dicter la tendance, dissipant certaines craintes liées à l'évolution des modèles économiques. Le géant du conseil Accenture s'est distingué avec une progression de près de 13 % de son titre, soutenu par des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et un vaste programme de rachat d'actions. Cette publication a permis d'apaiser les inquiétudes du marché quant à une potentielle cannibalisation des métiers du conseil par l'intelligence artificielle. Cette thématique continue d'ailleurs de justifier des investissements stratégiques, comme l'illustre la préparation de l'introduction en Bourse d'Anthropic sur des bases de valorisation frôlant les 2 000 milliards de dollars, confirmant l'appétit structurel pour les acteurs d'infrastructure et de développement de modèles linguistiques.

La semaine à venir s'annonce décisive pour jauger la résilience des marchés d'actions face aux incertitudes souveraines et à l'évolution des fondamentaux des entreprises. Avec des anticipations monétaires désormais plus souples aux États-Unis, l'attention se portera sur la capacité de la Banque centrale européenne à endiguer la contagion sur le marché de la dette continentale et sur les premières publications de la saison des résultats trimestriels. Dans cet environnement où la défiance exige des primes de risque de plus en plus élevées, notre stratégie maintient son cap sur la sélectivité, privilégiant la visibilité bénéficiaire et la capacité des entreprises à générer des flux de trésorerie pérennes. 

Achevé de rédiger le 04/10/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures 

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