Les actions mondiales signent une troisième année de hausse
L’hebdo boursier - semaine du 29/12/2025 au 02/01/2026
La fin de l'année 2025 s'est caractérisée par un paradoxe frappant entre une géopolitique au bord de la rupture et des marchés financiers qui ont privilégié la réalité comptable aux bruits diplomatiques. L'exemple du Venezuela illustre parfaitement cette dynamique : malgré un changement de régime orchestré par Washington, les cours du pétrole sont restés stables, les investisseurs arbitrant l'offre actuelle, marginale, plutôt que les promesses lointaines de reprise.
Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 02/01/2026, en devises locales) :
Ce détachement a permis une progression généralisée des actifs, où les métaux précieux ont dominé, les actions mondiales ont signé une troisième année de hausse, et les obligations ont rebondi vigoureusement, soutenues par un environnement de banques centrales accommodantes ayant procédé à 157 baisses de taux à travers le monde.
Cette tendance monétaire globale a toutefois connu une exception notable avec la Banque du Japon, qui a pris le contre-pied en remontant ses taux à deux reprises. Ailleurs, et particulièrement en Europe, l'assouplissement a permis à l'activité de mieux résister que prévu et d'encaisser sans crise ouverte la rupture politique transatlantique actée durant l'année. Aux États-Unis, l'économie affiche une reprise en forme de « K » , massivement portée par l'intelligence artificielle qui est devenue un moteur structurel du PIB, soutenue par des dépenses d'investissement des géants technologiques avoisinant les 400 milliards de dollars.
Les États-Unis exposés à un risque institutionnel
Cependant, le paysage américain de ce début 2026 reste complexe. La Réserve fédérale américaine (Fed), dont les taux se situent désormais entre 3,50 % et 3,75 %, doit naviguer avec des statistiques économiques dont la fiabilité est temporairement altérée par les séquelles d'un long « shutdown ». À cela s'ajoute un risque institutionnel élevé pour ce mois de janvier, la Cour suprême devant trancher deux dossiers cruciaux : la constitutionnalité du régime tarifaire de Donald Trump et la question de l'indépendance de la Fed, via le dossier Lisa Cook.
En Asie, si les tensions militaires autour de Taïwan restent vives, le pragmatisme économique continue de prévaloir. La gestion du découplage technologique s'opère désormais par des mécanismes administratifs fins plutôt que par des ruptures brutales, comme en témoigne le remplacement du régime de « validated end user » par des licences spécifiques pour l'importation d'équipements de puces en Chine.L'année 2026 s'ouvre ainsi sur un retour aux fondamentaux, où les investisseurs tenteront de lire la trajectoire économique future à travers le prisme de données parfois brouillées et d'un calendrier institutionnel chargé.
Achevé de rédiger le 05/01/2026
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

