L'optimisme lié à l'intelligence artificielle continue de soutenir les indices
L’hebdo boursier : semaine du 24/04/2026 au 01/05/2026
La semaine boursière s'est achevée dans un climat de nervosité palpable, où la résilience des publications microéconomiques a dû composer avec un environnement macroéconomique marqué par une volatilité persistante et des tensions géopolitiques accrues. Malgré l'absence d'avancées significatives au Moyen-Orient et la flambée des cours pétroliers, les marchés financiers ont fait preuve d'une capacité d'adaptation notable, particulièrement au sein du segment technologique américain qui a une nouvelle fois agi comme un véritable refuge pour les investisseurs.
Évolution des marchés sur la semaine du 24/04/2026 au 01/05/2026
Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 01/05/2026, en devises locales) :
Dans ce contexte, les indices américains ont clôturé sur des notes positives, avec un S&P 500 progressant de 1,1 % pour atteindre 7242 points, porté par un optimisme tenace sur les perspectives de l'intelligence artificielle. Toutefois, cette euphorie technologique n'a pas été universelle et a révélé une dispersion sectorielle extrême, notamment en Europe où les trajectoires ont été plus chaotiques, le CAC 40 ayant souffert d'un recul de 0,5 % sur la semaine.
Des résultats salués par les marchés
Le dynamisme des grandes capitalisations technologiques américaines, souvent désignées sous le terme de "Magnificent 7", a été le principal moteur de la performance hebdomadaire, validant le pari des investisseurs sur la rentabilité future des investissements massifs en infrastructure. Microsoft a accusé un repli de 2,4 % malgré des résultats impressionnants, avec des revenus atteignant 82,89 Md$ et une croissance d'Azure de 39 % qui dépasse les attentes du consensus. Alphabet s'est distingué par une performance exceptionnelle de 12 % avec des revenus de 109,9 Md$, en hausse de 22 % sur un an, portés par la vigueur de Google Cloud qui a crû de 63 %. Apple a de son côté surpris positivement avec des revenus de 111,18 Md$, affichant une dynamique de produits robuste et des gains de parts de marché significatifs en Chine, ce qui a permis au titre de s'apprécier de 3,35 %. Amazon a complété ce tableau avec une progression de 1,6 % et des ventes nettes de 181,52 Md$, soutenues par une accélération d'AWS à 28 % hors effets de change.
Sur le front des matières premières, le baril de Brent a atteint les 115 dollars jeudi, avant de refluer vers 108 dollars, soit une hausse hebdomadaire de 3 %. Cette flambée s'explique par une situation d'impasse diplomatique autour du détroit d'Ormuz, aggravée par l'annonce surprise du retrait des Émirats Arabes Unis de l'OPEP, une décision qui laisse entrevoir une volonté de s'affranchir des quotas pour augmenter la production à moyen terme. Parallèlement, le marché du gaz naturel européen (TTF) s'est tendu de 2 % pour s'établir à 45,54 euros par mégawattheure. Les métaux précieux ont quant à eux connu une phase de consolidation, l'or cédant 2,1 % à 4609 dollars l'once et l'argent reculant de 0,5 % à 75,38 dollars, sous l'effet de prises de bénéfices et de la remontée des taux réels.
Statu quo sur les taux
La macroéconomie a été dominée par une réévaluation restrictive (hawkish) de la politique monétaire globale à la suite des réunions de la Banque du Japon, de la Réserve Fédérale, de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre. Bien que le statu quo sur les taux ait été maintenu, le message des banquiers centraux a été limpide concernant la persistance des pressions inflationnistes alimentées par le coût de l'énergie. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a maintenu son rang de 3,5 % à 3,75 % mais les perspectives de baisse de taux pour l'année se sont quasi totalement évaporées, poussant le rendement du 10 ans à 4,38 %, soit une hausse de 11 points de base.En Europe, la BCE a durci son ton, signalant que l'inflation resterait au-dessus de l'objectif de 2 % à court terme, ce qui a provoqué un sell-off marqué sur les obligations souveraines. L'OAT française s'est tendue à 3,69 % et le Bund allemand à 3,03 %, reflétant l'ajustement brutal des anticipations du marché obligataire. Le marché des changes a été marqué par une intervention explicite des autorités japonaises pour soutenir le yen après que la devise a franchi le seuil symbolique de 160 par dollar, ramenant la parité USD/JPY autour de 157.
Les perspectives pour les jours à venir restent conditionnées par l'évolution de la saison des résultats trimestriels, qui a jusqu'à présent vu 80 % des entreprises du S&P 500 battre les attentes. Sur le plan macroéconomique, la publication des chiffres de l'emploi américain ce vendredi constituera le juge de paix de la semaine, fournissant des indications cruciales sur la santé de l'économie réelle face au resserrement des conditions financières. Les résultats trimestriels seront encore de la partie, avec les sociétés américaines Palantir, AMD et Walt Disney et les européennes Unicredit, AB Inbev, Novo Nordisk, AXA et Engie. Si l'optimisme lié à l'intelligence artificielle continue de soutenir les indices, l'équilibre du marché reste précaire, suspendu à la trajectoire des prix de l'énergie et à la capacité des entreprises à justifier des niveaux de dépenses d'investissement record par une croissance de la rentabilité opérationnelle. La semaine à venir testera donc la solidité de ce rallye de plus en plus concentré sur quelques acteurs majeurs de la technologie. Les investisseurs devront naviguer entre une microéconomie portée par l'innovation et des bilans solides, et une macroéconomie exigeante où le retour à la stabilité monétaire semble encore lointain.
Achevé de rédiger le 03/05/2026
Les performances passées ne présagent pas des performances futures

