Une semaine de rebond généralisé
L'hebdo boursier : semaine du 31/07/2026 au 07/08/2026
La première semaine du mois d'août s'est achevée sur une note très positive. En Europe, le CAC 40 s'adjuge une hausse hebdomadaire de 2,4 %, frôlant son point haut de la fin février. Le DAX allemand et l'Euro Stoxx 50 ont affiché des dynamiques similaires, progressant respectivement de 2,7 % et de 2,6 %. Aux États-Unis, la tendance a été encore plus marquée : le S&P 500 a progressé de 3,6 %, signant son vingt-cinquième record de l'année, tandis que le Nasdaq Composite s'est apprécié de 5,2 %. Le catalyseur principal de ce mouvement est venu vendredi avec la publication du rapport mensuel sur l'emploi américain.
Évolution des marchés sur la semaine du 31/07/2026 au 07/08/2026 :
Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 07/08/2026, en devises locales) :
Contre toute attente, l'économie des États-Unis a détruit 23 000 postes en juillet, loin d'un consensus qui tablait sur 95 000 créations. Ce net ralentissement a été accentué par la forte révision à la baisse des créations de juin, passées de 57 000 à 20 000. Paradoxalement, bien que le taux de chômage ait légèrement baissé à 4,1 %, les marchés actions ont accueilli ces statistiques macroéconomiques avec un certain soulagement. En effet, cette détérioration du marché du travail éloigne mécaniquement la perspective d'une politique monétaire durablement restrictive, redonnant du poids à l'hypothèse d'un statu quo pour la prochaine réunion monétaire de septembre.
Le détroit d’Ormuz toujours source de tensions
Sur le front géopolitique, les craintes persistantes liées à l'enlisement du conflit avec l'Iran ont été partiellement apaisées par des avancées diplomatiques. Des pourparlers sous l'égide d'Oman laissent entrevoir un accord sur le transport maritime à travers le détroit d'Ormuz. Le projet de plan élaboré par Téhéran reste toutefois d'une sévérité notable. Il prévoit l'interdiction de transit pour les flottes américaines et israéliennes, et exige des compensations financières préalables pour les autres nations avec des pénalités pouvant atteindre 20 % de la valeur de la cargaison en cas de violation. Malgré le caractère restrictif de ces conditions, l'éloignement d'un scénario de blocage total a suffi à faire refluer les cours de l'énergie. Le baril de Brent a reculé de 6,4 % sur la semaine pour s'établir à 82 dollars. Le gaz naturel européen a suivi le mouvement avec une baisse de 7,6 %.
Ce reflux des hydrocarbures, couplé à la baisse du dollar, a offert un environnement porteur aux métaux précieux et industriels. L'or a signé une semaine très favorable en progressant de 7,3 % pour atteindre 4 342 dollars l'once, signant sa meilleure performance depuis janvier. L'argent a également performé, s'appréciant de 10,4 % à 63,56 dollars. Du côté des métaux industriels, le cuivre a inscrit un nouveau record absolu au-delà des 14 000 dollars la tonne sur le LME, soutenu par l'interdiction d'exportation de concentrés par la République démocratique du Congo. Dans la sphère des crypto-actifs, le Bitcoin a enregistré un léger rebond pour se stabiliser autour de 65 000 dollars, alors que les capitaux institutionnels semblent se tourner plus structurellement vers les stablecoins.
Microsoft et Amazon ont rassuré les marchés
La saison des publications semestrielles a révélé une mutation fondamentale dans la fonction d'utilité du marché. Les investisseurs ne se contentent plus de payer pour des promesses de dépenses en capital liées à l'intelligence artificielle ; ils exigent désormais la preuve d'une conversion à court terme en revenus tangibles. Microsoft et Amazon en sont sortis confortés en rassurant le marché sur leur capacité à monétiser ces technologies. Cependant, le coût de cette course à l'infrastructure commence à peser sur les bilans. Le signal d'alerte le plus marquant de la semaine est venu du marché du crédit : Alphabet a levé 25 milliards de dollars lors d'une émission obligataire en dix tranches, portée par un carnet d'ordres record de 115 milliards de dollars, mais l'opération s'est faite à des niveaux de spreads dignes d'entreprises notées BBB, soit plusieurs crans sous sa notation réelle. Le marché obligataire a donc commencé à tarifer le risque financier que les marchés actions refusaient encore de voir, à l'image d'un acteur comme SpaceX qui consomme d'importants capitaux sans rentabilité équivalente à court terme.
Les dernières publications de la saison attendue
La semaine prochaine exigera une vigilance maintenue sur le front de l'inflation. Les chiffres des prix à la production et de l'inflation à la consommation aux États-Unis dicteront la tendance. Après un rapport sur l'emploi qui a relancé les anticipations de statu quo monétaire, toute surprise haussière sur ces indicateurs de prix viendrait immédiatement rouvrir le débat sur une hausse des taux par la Réserve fédérale américaine en septembre. Sur le terrain microéconomique, l'allègement du calendrier des résultats permettra de se concentrer sur les dernières publications de la saison, avec des acteurs comme Cisco ou Applied Materials, pour affiner nos perspectives de fin d'année.
Achevé de rédiger le 09/08/2026
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

