27 avril 2026

Repli du DAX et du CAC 40, le S&P 500 reste orienté à la hausse

L’hebdo boursier : semaine du 17/04/2026 au 24/04/2026

La semaine a été caractérisée par une divergence marquée des marchés financiers mondiaux, partagés entre une forte résilience technologique et un contexte géopolitique complexe au Moyen-Orient. L'actualité demeure dominée par la situation dans le golfe Persique, où le détroit d'Ormuz fait l'objet d'un double blocus naval. Si l'administration américaine a annoncé la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran pour une durée indéterminée, ainsi qu'une prolongation de trois semaines concernant le Liban, la fluidité du trafic maritime n'est toujours pas rétablie. Le maintien de ce blocage a été mis en évidence par des tirs ayant touché trois navires de commerce dans la zone, freinant toute normalisation immédiate des échanges. Les regards se tournent vers Islamabad, où le ministre iranien des Affaires étrangères est arrivé pour un second cycle de négociations sous la médiation du Pakistan, en présence d'une équipe logistique américaine. L'impact de cette impasse sur les cours de l'énergie est substantiel et direct. Le baril de Brent a quant à lui avancé de 16,5 % pour franchir la barre des 105 dollars. Le gaz naturel européen TTF affiche une hausse de 15,7 % pour atteindre 45 euros le mégawattheure. Les acheteurs mondiaux se tournent désormais vers les États-Unis pour compenser ce manque.

Évolution des marchés sur la semaine du 17/04/2026 au 24/04/2026

Évolution des marchés YTD (données arrêtées au 24/04/2026, en devises locales) 

Cette dynamique énergétique influence de manière directe les indicateurs macroéconomiques et les anticipations monétaires. Aux États-Unis, l'audition de Kevin Warsh, successeur désigné à la tête de la Réserve fédérale (Fed), a mis en lumière une approche différente de l'analyse des prix. En privilégiant les données publiées par les bureaux de Dallas et de Cleveland, qui excluent les composantes volatiles comme l'énergie, la tendance sous-jacente de l'inflation s'établit entre 2,6 % et 2,7 %. Ce discours, perçu comme ferme sur l'indépendance de l'institution vis-à-vis du pouvoir politique, a conduit le marché des contrats à terme à n'intégrer plus que 25 % de probabilité d'une baisse des taux en 2026. Le rendement obligataire à deux ans, très sensible aux taux directeurs, s'est ainsi ajusté à 3,73 %.

Ralentissement de la croissance 

Une information rapportée par la presse américaine en fin de semaine indique par ailleurs que le département de la Justice s'apprêterait à abandonner son enquête concernant Jerome Powell, président de la Fed, ce qui a entraîné une légère détente sur les rendements obligataires.Du côté européen, les marchés financiers intègrent désormais deux hausses de taux par la Banque centrale européenne d'ici la fin de l'année.

Les indicateurs du Vieux Continent témoignent d'un ralentissement de l'activité. Le gouvernement allemand a révisé sa prévision de croissance annuelle à 0,5 %, en ligne avec une estimation de croissance de 0,6 % pour l'ensemble de la zone euro. L'impact sur la consommation reflète cette conjoncture globale, marquant une perte de croissance mondiale évaluée à 0,7 %. La confiance des consommateurs subit une baisse notable, l'indice de l'Université du Michigan touchant un point bas historique.

Les ventes au détail américaines affichent néanmoins une hausse mensuelle de 1,7 %, un chiffre soutenu par un bond de 15,5 % des dépenses en carburant. Les analyses bancaires soulignent une dynamique de consommation asymétrique, les ménages aisés bénéficiant de l'appréciation des actifs financiers tandis que les revenus plus modestes font face aux pressions inflationnistes. 

Des résultats au-dessus des attentes pour les valeurs du S&P

Cette dichotomie s'est traduite par un écart de performance sur les places boursières. Aux États-Unis, le S&P 500 a inscrit un plus haut à 7165 points, en hausse de 0,6 % sur la semaine. Cette performance est soutenue par l'indice des semi-conducteurs SOX, qui a aligné dix-sept séances consécutives de hausse avec une progression de 39 %. Les flux entrants sont par ailleurs caractérisés par d'importants rachats de positions vendeuses de la part des fonds spéculatifs. La saison des résultats apporte un éclairage structurel sur ces valorisations, 81 % des 123 sociétés du S&P 500 ayant publié dépassant les attentes, avec une croissance bénéficiaire moyenne de 13,3 %. Le marché opère une distinction claire entre les fournisseurs d'infrastructures technologiques et les éditeurs de logiciels traditionnels.

En Europe, la tendance s'est avérée nettement baissière avec un indice DAX allemand en repli de 2,3 % et un CAC 40 parisien clôturant en baisse de 3,2 %. Les investisseurs se sont montrés particulièrement exigeants lors des publications des sociétés européennes pourtant souvent de grande qualité à l’image de Safran, Thalès, Essilor, SAP ou L’Oréal.

Sur les métaux, l'or a entamé un repli de 2,5 % pour coter 4725 dollars l'once face aux rendements obligataires et au dollar. Le cuivre s'échange autour de 13355 dollars, tandis que le nickel se distingue avec une progression à 18737 dollars, son plus haut niveau depuis janvier, à la suite des annonces de suspension de production de la mine d'Eramet en Indonésie. Le bitcoin a enregistré une progression de 1,6 % sur la semaine pour s'établir à 77554 dollars.La séquence à venir sera particulièrement dense sur le plan de l'agenda macroéconomique. Les marchés financiers prendront connaissance des décisions de cinq banques centrales, dont la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon et la Banque du Canada. Les premières estimations du produit intérieur brut pour les États-Unis et la zone euro seront publiées, de même que l'indice de l'inflation PCE américain et l'indice ISM manufacturier. Du côté des entreprises, 40 % de la capitalisation boursière du S&P 500 présentera ses résultats, incluant des sociétés telles qu'Alphabet, Meta, Microsoft, Qualcomm, Amazon et Apple.

Achevé de rédiger le 27/04/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

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