6 juillet 2026

Une belle semaine pour les marchés européens

L'hebdo boursier : semaine du 26/06/2026 au 03/07/2026

La transition vers le second semestre s'est opérée sous le signe d'un optimisme retrouvé. Balayant les craintes d'une correction plus durable, qui avaient agité les séances précédentes, les marchés mondiaux ont repris une trajectoire haussière. Les places européennes ont d'ailleurs surperformé, s'offrant une cascade de records historiques à l'image du Stoxx Europe 600, en hausse de 2,6 %. Le CAC 40 n'est pas en reste, progressant de 1,5 % et se rapprochant petit à petit de ses plus hauts annuels. 

Évolution des marchés sur la semaine du 26/06/2026 au 03/07/2026 :

Evolution des marchés YTD (données arrêtées au 03/07/2026, en devises locales) :

L'écart de performance accumulé depuis le début de l'année entre l'Europe et les États-Unis est désormais comblé, les deux zones affichant une progression d'environ 9 % depuis le 1er janvier. Aux États-Unis justement, le S&P 500 s'est apprécié de 1,7 %, talonné par le Nasdaq Composite en hausse de 1,9 %. L'apaisement géopolitique au Moyen-Orient et la reprise du trafic maritime maintiennent les cours de l'énergie sous pression, le Brent cédant 0,7 % à 72,1 dollars le baril. À l'inverse, l'or a profité de ce contexte pour retrouver tout son éclat, l'once rebondissant de 2,2 % à 4 177 dollars.

Décélération de l’emploi américain 

Le grand catalyseur de ce soulagement boursier est venu des données de l'emploi américain. Publié en fin de semaine, le rapport mensuel a agi comme une véritable balle à effet : avec seulement 57 000 créations de postes, en deçà des attentes, le marché du travail montre de sérieux signes de refroidissement. Cette décélération, la plus marquée depuis des années hors période de pandémie, a été accueillie avec un grand soulagement par les opérateurs actions, car elle éloigne mécaniquement la perspective d'une hausse imminente des taux d'intérêt. Les anticipations de resserrement de la Réserve fédérale américaine (Fed) glissent désormais vers le mois de décembre. Lors du forum de la Banque centrale européenne, à Sintra, le discours du gouverneur de la Fed est d'ailleurs venu conforter cette humeur, Kevin Warsh soulignant que les risques d'inflation ont diminué, tout en se gardant de toute indication prospective précise.

Cependant, et c'est tout le paradoxe de cette semaine, cette accalmie perçue par les marchés actions ne s'est pas traduite par une détente sur le marché obligataire. Au contraire, les rendements se sont tendus sur l'ensemble de la semaine : le T-Bond américain à 10 ans a progressé pour atteindre 4,48 %, tout comme l'OAT française à 3,72 % et le Bund allemand à 2,93 %, l'écart franco-allemand restant figé à un niveau élevé de 80 points de base. Cette tension obligataire illustre la prudence persistante des investisseurs face à des anticipations d'inflation qui restent  « collantes »  et à la fermeté affichée par la BCE. 

L'envolée des coûts des composants

Du côté de la microéconomie, le premier semestre s'achève sur un bilan vertigineux mais qui soulève de profondes interrogations sur la soutenabilité de la hausse. L'indice des semi-conducteurs de Philadelphie vient de boucler le meilleur trimestre de son histoire, portant son avance annuelle à 94 %, un rythme inédit depuis l'ère de la bulle internet. Cependant, cette exubérance masque une concentration extrême de la performance, où seulement trois valeurs liées aux puces mémoires expliquent près d'un quart de la progression totale du S&P 500 depuis janvier. Le marché fait désormais face à ce que l'on nomme la  « MEMflation » . L'envolée des coûts des composants est telle que les géants de la technologie la répercutent sur le consommateur final, Apple et Microsoft ayant par exemple relevé les prix de leurs produits grand public.

Dans le même temps, la viabilité du cycle de surinvestissement dans l'Intelligence Artificielle commence à être ouvertement questionnée. Cette rotation sectorielle et cette sélectivité accrue ont fait des victimes inattendues cette semaine : malgré des livraisons trimestrielles supérieures aux attentes, Tesla a lourdement chuté, le marché sanctionnant l'absence d'annonces liées à l'IA, tandis que Nike s'est effondré face à un environnement de consommation jugé difficile. À l'inverse, le marché des fusions-acquisitions connaît une renaissance spectaculaire avec 2 600 milliards de dollars de transactions au premier semestre. 

Le test de vérité des résultats

La semaine prochaine marquera le coup d'envoi très attendu de la saison des résultats du deuxième trimestre, qui permettra aux marchés de sortir de la thématique exclusive de l'intelligence artificielle pour se reconcentrer sur les fondamentaux microéconomiques. PepsiCo essuiera les plâtres dès jeudi, avant de laisser place à la traditionnelle vague des grandes banques américaines à partir du 14 juillet. Ces publications feront office de test de vérité décisif pour valider ou sanctionner les niveaux de valorisation actuels.

Sur le plan macroéconomique, l'agenda sera plus allégé mais les opérateurs scruteront avec attention le compte-rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale. Ce document prendra une importance d'autant plus capitale que Kevin Warsh, le nouveau patron de la Fed, a clairement affiché son refus de piloter les marchés à court terme par des discours trop prolixes. 

Achevé de rédiger le 04/07/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures 

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